En 2026 : Gallé ou l'éclat de vert
Quand le vert devient verre, où commence la frontière ? Avec Émile Gallé, les limites s’effacent, se troublent. Maître verrier, ébéniste, botaniste et artiste visionnaire, il puisait dans la nature une source d’inspiration infinie.
Infos pratiques
Horaires d'ouverture
Le jardin est ouvert tous les jours, du 2 octobre au 1er novembre, de 8h à 22h.
Ouverture des balcons de l’Hôtel de Ville
Les dimanches 4, 11, 18, 25 octobre de 14 h à 18 h et le dimanche 1er novembre de 14h à 16h.
En 2026 : Gallé ou l'éclat de vert
Quand le vert devient verre, où commence la frontière ? Avec Émile Gallé, les limites s’effacent, se troublent. Maître verrier, ébéniste, botaniste et artiste visionnaire, il puisait dans la nature une source d’inspiration infinie.
Émile Gallé aimait pousser des portes nouvelles, toujours pour entrevoir des mondes inexplorés, nouveaux. Cela ne lui a pas valu que des amis, à Nancy et ailleurs. Certains esprits ne voyaient pas d’un bon œil les inventions et engagements de ce poète intransigeant.
Émile a tenu bon la barre créative. Il a inventé des procédés largement copiés par ses contemporains, il s’est lancé à corps perdu dans cette aventure de l’École de Nancy pour promouvoir un esprit artistique résolument tourné vers l’avenir. Il a défendu des causes difficiles, du capitaine Dreyfus à la révolte des indépendantistes Irlandais.
Cet homme au physique frêle a, toute sa vie, montré une force mentale incroyable. Il l’a sans doute puisée abondamment dans la nature qui l’environnait, s’acharnant à la contempler, la scruter, la distiller pour en retenir une précieuse essence, source première de ses œuvres verrières ou de ses meubles à la forme ciselée dans la matière.
Ces matières, la terre, le verre, le bois ou le métal ont façonné le paysage du 23e jardin éphémère. A chaque fois, c’est l’univers Gallé qui s’est révélé pour donner vie à des associations de plantes, des successions de bassins à l’eau mêlée au verre, des structures légères comme l’air ou des photographies et des sons comme autant de miroirs tendus aux inspirations du maître nancéien.
L’Éphémère sur la place, c’est aussi une programmation culturelle qui va éclairer le titre du jardin « Gallé ou l’éclat de vert ». Scientifiques et artistes d’aujourd’hui se relayant pour dévoiler comment le végétal est un formidable ambassadeur, lorsqu’il s’agit d’ouvrir les esprits et les cœurs au beau et à l’art.
Emile Gallé loved opening new doors, always trying to catch a glimpse of unexplored worlds, new worlds. This didn’t always win him friends, whether in Nancy or elsewhere. Certain minds didn’t favourably view the inventions and engagements of this intractable poet.
Emile held firm the creative bar. He invented processes that were extensively used by his peers, throwing himself completely into the adventure of the School of Nancy to promote an artistic spirit resolutely turned toward the future. He defended difficult causes, from Captain Dreyfus to the revolt of the Irish Republicans.
Though slight in stature, great mental strength accompanied him throughout his life. He no doubt drew this strength from the nature that surrounded him, insisting doggedly upon contemplating, scrutinizing, and distilling it to hold onto a precious essence, the primary source of his glass works and his furniture, finely wrought in their respective material.
These materials, earth, glass, wood, or metal, shape the landscape of the 23rd Ephemeral Garden. Each time, the world of Gallé revealed itself, bringing plant combinations to life, successions basins of water mixed with glass, light structures such as air or photographs and sound like so many mirrors hanging on the inspiration of this master from Nancy.
The Ephemeral on the square not just an exposition of plants and vegetation, it is also a complete cultural program that will bring understanding to the title of the Garden, “Gallé or the Brilliance of Green/the Sparkle of Glass”, a play on words between two French words: “vert” meaning “green” and “verre” meaning “glass”. The scientists and artists of today take turns to reveal how vegetation is a formidable ambassador when it comes to opening minds and hearts to beauty and art.
Les scènes du jardin
Renverser la vision, la perspective, le regard porté sur un objet du quotidien qu’on croyait connaître. C’est souvent le propre de l’artiste, surprendre pour interroger et surtout dévoiler la beauté d’une forme. Ce long couloir aux pots de fleurs renversés se rit de la gravité. La tête à l’envers, le pot s’est émaillé. Un écho direct aux débuts professionnels du jeune Émile. Lui aussi, d’une certaine manière, a voulu modifier la trajectoire de l'entreprise familiale de négoce et de décoration de faïence, bien avant de s’intéresser au verre, domaine où il a excellé. Pour M. Gallé, tout a démarré avec cette terre façonnée.
Subvert the vision, the perspective, the way of looking at a daily object that we believed we knew. This is often the characteristic of an artist, to surprise us in order to make us question and especially to reveal the beauty of a shape. This long corridor of overturned pots of flowers mocks gravity. Upside down, the pot was glazed. A direct reminder of the professional beginnings of young Emile. He too, in his own way, wanted to change the trajectory of the family trading and earthenware decoration well before becoming interested in glass, the realm where he truly excelled. For Mr. Gallé, everything began with this shaped clay.
Ici, dans cette vallée figurée, avec ces pentes qui suivent le dessin d’un tronc et des branches d’un arbre, c’est une matière vivante, le bois, qui est révélé. De la pomme de pin à la feuille de marronnier qui s’est déposée sur l’eau, tout célèbre cet élan vers les cimes, la verticalité, la canopée des arbres. L’artiste a toujours été fasciné par ces végétaux majestueux et silencieux. Avec le bois, Gallé a façonné des meubles élégants à la délicatesse remarquée. Émile avait déjà pris conscience que ce vivant était fragile et que l’homme n’en prenait pas la pleine mesure. L’avenir lui a malheureusement donné raison.
Here in this figurative valley, with its inclines that follow the design of the trunk and branches of a tree, it is a living material, wood, that is revealed. From the pinecone to the chestnut leaf that has settled on the water, everything celebrates this surge towards the heights, towards verticality, towards the canopy of the trees. The artist was always fascinated by these majestic, silent plants. From wood, Gallé carved elegant furniture with a remarkable delicacy. Emile had already understood that this living being was fragile in ways that man did not fully grasp. Unfortunately, the future has proved him right.
Entre la place Stanislas et le Jardin Éphémère, c’est une longue histoire d’amour et d’espace. Depuis 23 ans, la pierre dialogue avec ce végétal d’ordinaire absent des lieux le reste de l’année. En fait, ce paravent vert fait de rondins et de branches est certes une frontière, une barrière à franchir pour découvrir, mais c’est aussi une manière pour le visiteur d’agir sur sa déambulation. Il pénètre dans un univers, s’élève sur un promontoire pour jouir de ses sens, de la vue en particulier. Le végétal est alors un formidable passeur d’émotion pour goûter l’harmonie de cette place Stan’, si chère aux cœurs des nancéiens.
Between Stanislaus Square and the Ephemeral Garden there is a long story of love and space. For 23 years, the stone of the square carries on a dialogue with this ordinary vegetation usually absent from this place the rest of the year. In fact, this screen of greenery made of logs and branches is most certainly a boundary, a barrier to cross in order to discover, but also a way for the visitor to guide their own journey. They penetrate a universe, then rise onto a promontory to indulge the senses, the view in particular. Vegetation is an impressive conveyor of emotion allowing us to taste the harmony of this “Place Stan”, so dear to the hearts of the citizens of Nancy.
Elle trace sa voie, rectiligne. Une enfilade de bassins, comme dans un Versailles réinventé. Restons modestes, nous sommes dans une œuvre éphémère, mais l’effet reste le même. Dans un jardin, l’eau guide le regard et c’est aussi un symbole fort de vie. À l’heure où cette ressource essentielle crie sa rareté, le symbole est encore plus fort. Nous, jardiniers, avons conscience depuis très longtemps que l’eau est précieuse. Dans l’Éphémère, tout est fait pour la préserver, l’économiser, la recycler. Même les plantes présentes sur la place sont choisies pour leur sobriété. Le jardin doit transmettre ce message aux centaines de milliers de visiteurs de l’Éphémère.
She traces her path, a straight line. An enfilade of basins, like Versailles reinvented. We must remain modest, we’re in the world of an ephemeral work, but the effect is the same. In a garden, water guides the eye and is also a strong symbol of life. Now, as this essential resource is becoming increasingly rare, the symbolism is even stronger. We, the gardeners, have been aware for a very long time that water is precious. In the Epehemeral, everything is planned and arranged to preserve it, save it, and recycle it. Even the plants present here on the square have been chosen for their sobriety. The garden must transmit this message to the hundreds of thousands of visitors of the Ephemeral.
Émile Gallé est intimement associé à cette formule « Ma racine est au fond des bois », elle lui colle à sa peau toujours sensible. L’artiste a, depuis l’enfance, cherché sa voie dans les méandres verts. Il s’est couché dans l’herbe, il a repéré la plantule, fouillé le sol, trouvé la radicelle, le mince filament blanc de vie primal. Il a suivi le lent cheminement de l’eau, de la sève. Il a observé la crosse d’une fougère naissante qui se déploie peu à peu comme une main qui s’ouvre. Et cela l’a profondément ému. Mais pour lui, le chemin ne s’arrêtait jamais. La mine de crayon, le fusain ou le pinceau poursuivait le voyage en croquis sinueux. Et plus tard encore le verre soufflé dans l’atelier reflétait l’émotion initiale.
Emile Gallé is intimately connected with the expression “My roots lie deep within the forest”, it clings to his ever-sensitive skin. From childhood, the artist searched for his path in the green meandering depths. He lay down in the grass, spotting seedlings, rummaging through the soil finding rootlets, the fine white filament of primal life. He followed the slow flow of the water, of the sap. He observed the crozier of an emerging fern, unfurling like an opening hand. And it moved him deeply. But for him, the trail never ends. The pencil lead, the charcoal or the paintbrush follow the voyage in sinuous sketches. And later on, the glass blown in the workshop would reflect that initial emotion.
Dans une canopée persistante très lointaine, de petits êtres issus des plantes vivaient en harmonie. Pourtant, il y a quelques générations, un événement étrange s'est produit : une forme au travers de laquelle nous pouvions voir un paysage inconnu est apparue au milieu des branches. Depuis toute l'organisation de la ville a changé pour ne tourner qu'autour de cette structure. Mais de quoi s’agissait-il ? Personne n'aurait pu le dire. Jusqu'à ce qu'Ann et Elliott enquêtent et découvrent qu'il s'agissait d'un passage vers une nature quelque peu différente, place Stanislas à Nancy. Un projet de verre imaginaire d’Aude Seigneur.
In a persistent long-ago canopy, tiny beings born from plants lived in harmony. Even so, a few generations ago, something strange happened: a shape through which we could see an unknown landscape appeared in the middle of the branches. Ever since, the whole organisation of the city changed to revolve around this one structure. But what is it? No one could really say, until Anne and Elliott investigate, and discover that it’s a passage into a different sort of nature, Stanislaus Square in Nancy. An imaginary glass project by Aude Seigneur.
Un cabinet de curiosité aiguise toujours un appétit de connaissance. Le jeune Émile a très tôt herborisé, séché et collectionné des plantes glanées dans ses randonnées. Toutes ses idées ont cette origine végétale. L’Homme devrait se le rappeler plus souvent. Le secret est dans l’observation pour comprendre et la contemplation pour s’émerveiller d’être là, au cœur d’une horlogerie si bien réglée. La perturber a pour nous des conséquences funestes. Bousculer le climat, la génétique d’une plante, le cycle de l’eau, cela n’est jamais anodin. Les artistes de Nancy avaient souvent pour refuge le jardin ou la serre de culture, ce lieu où l’homme prend soin de la plante. Pour le timide Émile, c’était toujours un lieu où il se sentait à sa place.
A curiosity cabinet always sharpens the appetite for learning. Young Emile began very early botanizing, drying, and collecting plants gleaned from his hikes. All of his ideas have this vegetal origin. Man should remember that more often. The secret to understanding and contemplation of being in the heart of a well-regulated clockwork, is in observation. Disturbing the clockwork has dire consequences for us. Pushing the climate, the genetics of a plant, the water cycle, is never insignificant. The artists of Nancy often had the shelter of a garden or a greenhouse, that place where man takes care of the plants. For shy Emile, it was always a place where he felt at home.
Un cabinet de curiosité aiguise toujours un appétit de connaissance. Le jeune Émile a très tôt herborisé, séché et collectionné des plantes glanées dans ses randonnées. Toutes ses idées ont cette origine végétale. L’Homme devrait se le rappeler plus souvent. Le secret est dans l’observation pour comprendre et la contemplation pour s’émerveiller d’être là, au cœur d’une horlogerie si bien réglée. La perturber a pour nous des conséquences funestes. Bousculer le climat, la génétique d’une plante, le cycle de l’eau, cela n’est jamais anodin. Les artistes de Nancy avaient souvent pour refuge le jardin ou la serre de culture, ce lieu où l’homme prend soin de la plante. Pour le timide Émile, c’était toujours un lieu où il se sentait à sa place.
How would Emile Gallé have liked this communal work between the gardeners of the City of Nancy and creators of glass? It’s a safe bet to say that he would have commended this alliance that he so wished for the identity of the Nancy School. The municipal gardener-fountain specialist plays with different techniques to transform liquid into vortices and other effervescences; the glassblower expresses the ethereal quality and the fragility of glass and colours his creations in pastels. The work is born from this amalgamation.
L’arbre vit et transpire, en particulier lorsqu’il fait chaud. Avec ses stomates, ces petits trous présents sur ses feuilles et tiges, il régule les échanges gazeux avec son environnement. Ce mécanisme, qui répond au nom barbare d’évapotranspiration, a un rôle éminent dans la régulation du climat. Ici, un érable s’est installé sur la place. L’eau qu’il rejette s’est figée en une myriade de bulles de verres qui flottent au-dessus de la canopée de la place. L’érable est un arbre plutôt timide lorsqu’il s’agit de dévoiler sa beauté. Au fil du mois d’octobre, il l’accepte et en rougit de plaisir. Avec la belle collaboration de Philippe Thomas, pépiniériste producteur de plus de soixante-dix variétés d’érables japonais à Anglemont, petit village vosgien entre Épinal et Baccarat.
The tree lives and sweats, particularly when the weather is hot. With its stoma, these little holes found on its leaves and stems, it regulates gaseous exchanges with its environment. This mechanism, which goes by the barbaric name of “evapotranspiration”, plays an important role in climate regulation. Here, a maple is installed on the square. The water that emanates from it is fixed in glass bubbles that float above the canopy of the square. The maple is a rather shy tree when it comes to showing off its beauty. As October progresses, it will accept the admiration, blushing with pleasure. With a beautiful collaboration of Philippe Thomas, nursery grower of more than 70 varieties of Japanese maples in Anglemont, a small village in the Vosges mountains, between Epinal and Baccarat.
Jean Gaumy a très tôt pris la mer. Dans tous les sens du terme. Il a fait corps avec l’élément liquide, il a côtoyé les marins pêcheurs, les sous-mariniers. Ce pêcheur aguerri est aussi et surtout un membre reconnu de la prestigieuse Agence Magnum et Président de l’Académie des beaux-arts / institut de France. Il est aussi « peintre de la Marine » pour son travail de photographe et de réalisateur. Toute sa vie, il a donc embarqué ses boitiers photographiques dans de nombreuses épopées océaniques et maritimes. Il en a rapporté des images de reportage ou documentaires mais aussi des clichés abstraits comme ceux réalisés en Arctique et qui donnent à réfléchir à la matière mais aussi à l’imaginaire de ces univers d’une beauté intense. Là-bas, l’homme réalise enfin qu’il fait partie d’un tout qui le dépasse largement. Et c’est en cela que ce travail de Jean Gaumy se rapproche de l’œuvre d’Émile Gallé qui révélait l’indicible et le merveilleux par ses créations verrières. Elles aussi s’inspiraient très souvent des mondes aquatiques où la fluidité de l’eau, sa transparence, son jeu avec la lumière évoquaient le verre et son incroyable poésie.
Jean Gaumy took to the sea very early. In every sense of the term. He became one with the liquid element, he rubbed shoulders with sea fishermen, with submariners. This seasoned fisherman is also and especially known as a recognized member of the prestigious Magnum Agency and President of the Academy of Fine Arts / French Institute. He is also known as the ‘Marine Painter’ for his work as a photographer and director. All his life he has carried his cameras along on numerous oceanic and maritime voyages. He has brought back reportage and documentary images, but also abstract snapshots like those taken in the Arctic and which bring us to reflect on matter itself, but also on the imagination of these intensely beautiful worlds. Out there, man finally realises that he is only a small part of something that largely overwhelms his existence. And this is where the work of Jean Gaumy approaches the work of Emile Gallé, who revealed the ineffable and the marvellous through his glass creations. They also very often inspire aquatic worlds or the fluidity of water, its transparency, its play with light evoked glass and its incredible poetry.
Les arbres nous ressemblent. Comme nous ils ont un tronc, des bras (leurs branches), des pieds (leurs racines), du sang qui les irrigue (leur sève), des cheveux qu’ils perdent (leurs feuilles). Mais certains nous ressemblent encore plus. Ils sont anthropomorphes ou zoomorphes. Les hommes ont toujours vu, prisonnières de l’écorce, des formes humaines ou animales. L’arbre, de familier, est devenu extraordinaire, inquiétant, improbable et vénéré. Il serait la preuve que des forces mystérieuses peuvent emprisonner des créatures vivantes dans le bois. Les arbres ont procuré à l'homme abri, nourriture, chauffage. En retour, les humains ont donc célébré ces extraordinaires végétaux par des fêtes, des rites, et cela depuis des siècles, bien avant que commence l’ère chrétienne. François le Diascorn a photographié ces fêtes en Europe, associant des images d’hommes qui ressemblent à des arbres avec celles d’arbres qui ressemblent à des hommes.
Trees that look like people, people that look like trees, so many secret links between humans and their vegetal brothers. Trees look like us. Like us, they have a trunk, arms (their branches), feet (their roots), blood flowing through their bodies (their sap), hair that they lose (their leaves). But certain trees look more like us than others. They are anthropomorphic or zoomorphic trees. Man has always seen it, prisoners of the bark, in human or animal forms. The tree, familiar, has become extraordinary, worrisome, unexpected, and venerated. Here is proof that mysterious forces can imprison living creatures. The trees have allowed for man a way to shelter himself, to feed himself, and to warm himself. In return, man has celebrated these extraordinary plants with festivals and rites for centuries, long before the Christian era began. Francois le Diascorn photographed these festivals in Europe, associating images of people who resemble trees with those of trees who look like people.
Ces quatre fauteuils auraient pu naître dans les années 70, avec leur forme ovoïde toute en courbes souples et en rondeurs écaillées. Ils sont, dans l’Éphémère, devenus pommes de pin. Cette mutation naturelle est un clin d’œil à ce résineux qui a tant fasciné Émile Gallé. On retrouve le cône de sapin dans de multiples œuvres de l’artiste. Ce qu’il n’avait sans doute pas imaginé, c’est que l’humain pourrait s’y lover et écouter. Ces fruits géants deviennent alors auditoriums cocons. Dans l’intérieur capitonné, le son tournoie et donne à rêver, à s’imaginer au début du XXe siècle, parmi les artistes de l’École de Nancy. Des récits et musiques qui fournissent aussi des indices pour résoudre un grand jeu d’enquête. Alors, ouvrez grands vos pavillons.
These four chairs could have been made in the 1970s, with their ovoid shape of supple curves and scaly bends. They have become, in the Ephemeral, pinecones. This natural mutation is a nod to these resinous trees that so fascinated Emile Gallé. We find the pinecone in multiple artworks. What he probably didn’t imagine though, is that a human could curl up in there and listen. These giant fruits thus become cocoon auditoriums. In their tufted interiors, the sound swirls and allows us to dream, to imagine ourselves at the beginning of the twentieth century, among the artists of the School of Nancy. Stories and music that also give clues to resolve and investigative game. So, open your ears wide.
Multiplier les symboles. Dans ce plafond suspendu, la forme végétale se démultiplie par centaines de pampilles aériennes. L’idée est de marquer l’entrée du visiteur dans l’Éphémère. Dès le passage, celui-ci est invité à lever les yeux, ce qu’il ne fait que trop rarement, vers les cieux, l’aérien, la légèreté. Un exercice que les artistes de l’Art nouveau pratiquaient avec constance lorsqu’ils imaginaient leurs créations.
Multiply the symbols. In the suspended ceiling, the plant form multiplies into hundreds of airy tassels. The idea is to mark the entryway to the visitor of the Ephemeral. As soon as they pass through it, they are invited to raise their eyes, which they only do very rarely, towards the skies, the air, the weightless. A gesture that Art Nouveau artists constantly exercised while imagining their creations.
Là encore, pour entrer dans l’univers d’un jardin, un promeneur doit faire un exercice d’abandon. Il quitte l’agitation de la ville et de sa vie pour s’alléger, contempler et s’émouvoir. Pour cela, le passage d’une porte est nécessaire et cela demande un léger effort volontaire. Cette porte verte franchie, il sera souvent difficile de revenir en arrière, l’expérience du contact avec le monde végétal se révélant délicieuse. Alors, il faudra se souvenir. Se souvenir que ce Jardin Éphémère sur la place Stanislas était une parenthèse, une très belle parenthèse dans nos vies.
Here again, to enter into the world of the garden, a walker is called upon to do an exercise in giving up. They leave the bustle of the city and of their lives to lighten up, to think and to be moved. In order to accomplish this, we must first walk through a door, a task that requires a small voluntary effort. Having passed through this green door, it will be difficult to come back, the experience of contact with the world of vegetation proving so delicious. So, we will have to remember. Remember that this ephemeral garden on the Stanislaus Square is but a parenthetical, a very beautiful parenthetical, to our lives.
Le jardin en chiffres | Key Numbers
- Surface totale | Total surface area: 3 191 m²
- Périmètre | Perimeter: 216 m²
- 14 scènes végétales | 14 scenes of vegetation
- 250 assises | 250 seats
- 880 m² de gazon | 880 m² of sod
- 26 m² de platelage | 26 m of decking
- 180 spots | 180 spotlights
- 400 m de cordons lumineux | 400 m of lighting cords
- 2 grands bassins et 12 petits | 2 large basins and 12 small
- 10 tables | 10 tables
- 96 pots cannelés | 96 fluted pots
- 980 m de bordures | 900 m of trim
- 13 600 végétaux dont 35 arbres | 13 600 plants of which 35 are trees
- 33 partenaires | 33 partners
Jouez avec Émile Gallé dans le 23e Jardin éphémère !
Cette année, le Jardin Éphémère rend hommage à Émile Gallé, maître verrier, ébéniste, botaniste et homme engagé qui a bousculé ses contemporains en insufflant la nouveauté.
À cette occasion, quatre jeux d’enquêtes vous invitent à plonger dans l’univers de cet illustre nancéien à l’origine du mouvement artistique « l’École de Nancy ». Ces enquêtes à jouer en famille ou entre amis vous permettront d’explorer la vie de Gallé et de percer les secrets de ses plus belles créations.
La place Stanislas devient votre terrain de jeu, où des indices sont cachés. Il vous faudra un peu de temps, de réflexion et surtout beaucoup d’observation. Munissez-vous du journal spécial gratuit « L’Étoile de l’EST », disponible à l’Office de Tourisme et dans les lieux culturels nancéiens, d’un crayon et de votre smartphone (une énigme est accessible sans outil numérique).
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