Maringer-Villemin-Fournier : l’heure de la renaissance

Entre 650 et 750 logements vont sortir de terre sur l’ancien ensemble hospitalier du quai de la Bataille. Propriétaire des lieux, Batigère Nord-Est prévoit, en lien avec la Ville de Nancy, de conserver la partie des bâtiments qui présente un intérêt patrimonial, avec le concours de l’École d’Architecture et la participation du Conseil Citoyen. À terme, c’est un tout nouveau quartier de 5 hectares qui va naître.

C’est un site presque absent du paysage urbain. On le longe sans même y prêter attention avec ses hauts murs d’enceinte. C’est pourtant un « morceau de ville » de cinq hectares bordant le quai de la Bataille, là où en 1477, Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, perdit la vie lors de la Bataille de Nancy.

L’ensemble abrite des bâtiments remarquables sur le plan architectural et même la première chapelle de style néo-gothique de Lorraine (la chapelle Maringer). Maison de campagne des Jésuites au XVIIIe siècle, agrandie au XIXe par les Dames du Sacré-Cœur en maison d’éducation pour jeunes filles, l’endroit devient à partir du début du XXe siècle un hôpital-sanatorium pour les tuberculeux. Les activités hospitalières, transférées peu à peu à Brabois, cessent totalement en 2012.

Une nouvelle page d’histoire

En novembre 2015, la société Batigère Nord Est fait l’acquisition des lieux pour y écrire une nouvelle page d’histoire. « Nous avons acheté l’ensemble pour produire une partie des logements et confier le reste à d’autres opérateurs privés, explique Sébastien Tilignac, directeur général adjoint de Batigère nord-est. À terme, nous comptons livrer 650 logements en hypothèse basse, 750 en hypothèse haute, dont 30 % seront obligatoirement des logements sociaux, comme le prévoit le Programme Local de l’Habitat » (PLH).

Le bailleur conserve l’aménagement général du projet avec l’assistance de la Solorem (Société Lorraine d’Économie Mixte) et du cabinet nancéien Intensités. Il travaille en étroite collaboration avec les services de la Ville et l’Architecte des Bâtiments de France.

Si la Ville n’est pas propriétaire des lieux, elle suivra de manière approfondie le développement de cet îlot en garantissant que les programmations soient conformes aux ambitions du PLH et en instruisant les permis de construire. Sur les trois ensembles hospitaliers, seul le plus récent (l’hôpital Fournier) sera détruit. Les deux autres présentent des caractéristiques architecturales (éléments XVIIIe, École de Nancy) qui doivent être préservées. « Nous avons l’expérience de la réhabilitation sur du bâti ancien, assure Sébastien Tilignac. Nous avons par exemple rénové trois casernes en Alsace ou la maternité Sainte-Croix à Metz. » Un espace vert protégé situé entre les bâtiments Villemin et Maringer sera lui aussi conservé. Il constituera le poumon vert du futur quartier qui sera traversé par une allée piétonne reliant la rue de Nabécor au quai de la Bataille. Les deux chapelles ont elles aussi trouvé une nouvelle vie grâce à des communautés orthodoxes serbe et roumaine.

Reconquête de la ville sur elle-même 

Le programme prévoit la construction de nouveaux bâtiments. Des logements en accession à la propriété et une résidence senior sont envisagés. Mais rien n’est encore arrêté définitivement, les opérateurs privés n’ayant pas encore été retenus. « Dans l’esprit de reconquête de la ville sur elle-même, ce site va devenir à terme un nouveau quartier de la métropole, se réjouit Chantal Carraro, adjointe de territoire Nancy sud. Il participe pleinement à la dynamique qui anime ce quartier avec le programme de restructuration dont bénéficie le groupe scolaire Saint-Pierre et la création à venir d’un pôle de services publics. »

Les premières opérations vont être lancées au 2 e semestre 2017 et les premiers immeubles devraient être livrés en 2019. Le quartier dans sa globalité devrait présenter son nouveau visage à l’horizon 2023.

Un laboratoire d'expérimentation du logement social

Comment tirer partie au mieux d’un édifice tout en longueur avec 3,8 mètres de plafond et de larges baies vitrées, respecter son caractère architectural et patrimonial tout en offrant des logements performants et de qualité ? C’est à cette équation que se sont confrontés des jeunes doctorants des écoles d’architecture de Nancy et Strasbourg. Grâce au soutien de Batigère, de la Caisse des Dépôts et de l’Union Sociale pour l’Habitat, le Villemin Lab est une recherche-action innovante à plus d’un titre. Autour de trois piliers (sociologique, technique et architectural), les jeunes professionnels ont travaillé sur une nouvelle méthodologie de traitement du bâti issue de friches urbaines. Objectifs : mieux comprendre les attentes des usagers et faire émerger de nouvelles réponses pour les professionnels. Plusieurs prototypes grandeur nature en bois ont été construits dans l’ancien sanatorium Villemin. « Nous souhaitons poursuivre la démarche en créant un laboratoire mobile permanent, démonstrateur in situ et catalyseur d’innovation pour l’habitat dans le Grand Est, explique Nadège Bagard, architecte et enseignante à l’ENSA Nancy. Face aux problématiques nouvelles, les bailleurs ont intérêt à développer ce type d’expérimentation pour en tirer des enseignements utiles. »

Informations annexes au site

Situer