Inauguration du monument de la Shoah "Pierres du Souvenir" de Arik Levy
Citoyenneté - Evénement, Rencontre citoyenne
Dimanche 26 avril - 15h30
Centre Prouvé
Gratuit - sans réservation
Tout public
Inauguration du monument de la Shoah "Pierres du Souvenir" de Arik Levy
Citoyenneté - Evénement, Rencontre citoyenne
© MGDN
Dimanche 26 avril - 15h30
Centre Prouvé
Gratuit - sans réservation
Tout public
Cérémonie d’inauguration du Monument de la Shoah « Pierres du souvenir », œuvre d’Arik Levy, À l’occasion de la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation.
En présence de Yaël Braun-Pivet, Présidente de l’Assemblée Nationale, et de l’artiste Arik Levy.
En présence de Yaël Braun-Pivet, Présidente de l’Assemblée Nationale, et de l’artiste Arik Levy.
Placer une pierre sur une tombe est un geste dont les racines plongent dans la nuit des temps, hérité des premiers rites funéraires de l’humanité. À l’origine, ces pierres avaient une fonction très concrète : protéger les sépultures peu profondes des animaux ou des esprits malveillants. Mais, peu à peu, leur accumulation devint aussi un signe d’importance, un marqueur silencieux de la place qu’occupait le défunt parmi les vivants. Ainsi se sont formés ces amas de pierres que l’on retrouve dans de multiples cultures, et qui portaient souvent une dimension symbolique ou cérémonielle.
De nos jours, cette tradition survit surtout à travers la coutume juive. Déposer une pierre sur une tombe signifie que l’on est venu se recueillir, honorer la mémoire de celui qui repose là. Contrairement aux fleurs qui se fanent et disparaissent, la pierre demeure : elle dit la constance du souvenir, la solidité du lien, la présence qui persiste au-delà du temps. Plus les pierres sont nombreuses, plus elles témoignent discrètement des visites, des pensées, de l’affection offerte au disparu. Ainsi, un geste immémorial, jadis partagé par bien des peuples, continue de vivre dans le rituel juif comme un signe de respect, de fidélité et de mémoire durable – une manière humble et puissante de dire que l’oubli n’a pas gagné.
C’est dans l’écho de ce geste ancestral qu’est née la sculpture Pierres du souvenir d’Arik Levy, monument de la Shoah de Nancy. Ce monument se compose de six rocs portant le poids symbolique d’un million de vies juives anéanties pendant la Shoah : quatre grandes pour les adultes, deux très petites pour les enfants, comme un chuchotement fragile au milieu du silence de l’Histoire. Réalisée en acier corten, un matériau vivant, qui s’oxyde, se patine, se transforme avec les saisons – l’œuvre présentera des coulures, semblables à des larmes figées dans le métal, comme si les pierres elles-mêmes pleuraient ce qu’elles ont vu disparaître.
Installée boulevard Joffre, au cœur de la ville, cette sculpture s’impose comme une présence discrète mais inébranlable. Elle rappelle à chaque passant que la mémoire n’est pas un héritage immobile, mais une flamme à transmettre ; que le souvenir, lorsqu’il est porté ensemble, peut devenir un pont vers l’espoir. Ainsi, dans la verticalité de ces pierres silencieuses, s’élèvent non seulement le deuil et le respect, mais aussi l’élan vital de ceux qui refusent que la lumière s’éteigne.
Lieu
Centre Prouvé
Devant le Centre Prouvé – 1 place de la République
