Art contemporain, Entretien

Le design se (ré)installe au musée des Beaux-Arts (confinement : expo fermée au publique)

Après Zones de confort en 2015 et Le grand détournement en 2017, le Musée des Beaux-Arts accueille le dernier volet de la collaboration de la Ville de Nancy avec le Cnap - Centre national des arts plastiques : Le droit des objets à (se) disposer d’eux-mêmes. Rencontre avec Pierre Giner, artiste agitateur spécialisé dans les nouvelles technologies, en charge de cette «méta-expo».

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CAN : Comment fonctionne cette exposition ?

Pierre Giner : Comme une promenade, une déambulation… En fait habituellement, on installe les événements temporaires dans des espaces dédiés, qui sont séparés des collections. Là au contraire, on a voulu s’insérer partout, à chaque étage, de façon très modeste, en faisant dialoguer éléments réels et virtuels avec les œuvres du musée. Et ça commence dès l’entrée avec une grande assise de Constance Guisset… Même s’il a fallu adapter cette exposition au contexte, en retirant par exemple les casques de réalité virtuelle qui auraient pu accentuer encore un peu plus le côté immersif, certains éléments tactiles… Mais c’était finalement un beau défi de devoir la réinventer. 

CAN : Comment s’installe le dialogue entre les œuvres du Cnap et celles du musée des Beaux-Arts ?

PG : Quand un objet rentre dans la collection d’un musée, il est là pour être préservé, on ne peut donc plus s’en servir. Mais pour du design c’est une absurdité, car ce sont justement des objets d’usage, des chaises, des lits, des tables, des lampes… Il y a donc des objets dans cette exposition qui continuent à être utilisables, des assises, des grandes banquettes, une sorte de mini-amphithéâtre. On peut s’y asseoir pour regarder les peintures - s’y vautrer même si l’on veut, comme dans le sofa de Florence Doléac qui ressemble à un grand tas de ballons !

CAN : L’idée était de surprendre le visiteur ?

PG : Le rendre curieux surtout ! Ce qui m’intéressait c’était de réactiver le musée, de le rafraichir, de produire une sorte de décalage. Réveiller ce musée digne empli de beaux objets anciens, pour le transformer un peu comme une habitation. Que le visiteur puisse y rester « chiller », prendre du temps pour regarder, observer dans les coins et les recoins. Dans un musée comme celui-ci, le design vient ramener du contemporain, de la vie. C’est une question qui m’importe, car c’est un espace public, et donc par conséquent ces objets nous appartiennent à tous quelque part… Donc ça vaut le coup qu’on y soit bien.

Le droit des objets à (se) disposer d’eux-mêmes
Musée des Beaux Arts 
Exposition du 19 septembre 2020 au 18 janvier 2021.

Œuvres de designers ou d'artistes contemporains : Bless, Ronan & Erwan Bouroullec, Stéphane Calais, Pierre Charpin, Anne-James Chaton, Lukas Dhalén, Florence Doléac, Laureline Galliot, Rody Graumans, Marie-Ange Guilleminot, Constance Guisset, Enzo Mari, Jasper Morrison et Olivier Vadrot.

musee-beaux-arts.nancy.fr | www.cnap.fr  | pierreginer.com 

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