Quartier Plateau de Haye

Le Plateau de Haye est l’un des quartiers les plus vivants de Nancy. Véritable témoignage de notre histoire contemporaine, il a fait l’objet de nombreux écrits et documentaires racontant comment une ancienne carrière est devenue une ville dans la ville, à la faveur du programme de construction lancé en 1956, puis un enjeu de rénovation urbaine, dans le cadre du plan lancé en 2004 par le ministre de la Cohésion Sociale Jean-Louis Borloo et son secrétaire d’État Laurent Hénart, devenu depuis maire de Nancy.

Un peu d'histoire

Aux origines du Plateau de Haye, on trouve d’abord un lieu de refuge. Les premières traces d’occupation humaine ont en effet été découvertes sur les flans de la côte sainte Catherine. Des individus y avaient trouvé refuge et s’y étaient installés.

Plus tard, au milieu du XIXe, la décision fut prise de procéder au défrichement du plateau. En 1851, le sieur DUMONT entame la construction de la ferme Sainte Catherine. La vocation agricole du plateau s’affirme alors (pâturages) ; une seconde ferme s’implante sur Saint Jacques à l’extrémité du plateau Champ le Bœuf.

Durant le XXe, c’est la richesse du sous-sol qui sera exploitée et qui modifiera la physionomie du plateau. L’entreprise Solvay exploite le calcaire de 1925 à 1980.

Après le Seconde Guerre Mondiale, la crise du logement, conjuguée aux effets de l’exode rural, du baby-boom, et de l’insalubrité des logements en centre-ville, oblige les pouvoirs publics à engager un programme volontariste sur un secteur encore vierge d’habitation.

Le quartier du Haut du Lièvre est né

Le maire Raymond Pinchard, après expropriation de la trentaine d’hectares de la ferme Sainte Catherine, fait appel à l’architecte (grand prix de Rome en 1939) Bernard Zehrfuss. Le quartier du Haut du Lièvre est né.

Les grands immeubles sortent de terre à partir de la fin des années 1950. À l’époque, ils apportent un confort moderne très appréciable, avec autour d’eux un quartier apportant toutes les fonctions de la vie quotidienne : logements collectifs, zone pavillonnaire, centre commercial, équipements sportifs et culturel, groupes scolaires…

À partir des années 1970, le quartier change de population et entame une spirale descendante : dégradation de l’espace public, vacance de logements de plus en plus importante, isolement, ghettoïsation…

Une première vague de réhabilitation est confiée à l’architecte Alain SARFATY de 1981 à 1988. Elle est suivie dans les années 90 par l’installation d’un Pôle médical et d’une salle de spectacles (Zénith-1993).

Surtout, une restructuration en profondeur, prenant un secteur plus vaste avec le Champ le Bœuf et les anciennes carrières Solvay, est conduite au début du XXe siècle. La nouvelle manière de penser la ville est confiée à l’architecte Alexandre Chemetoff. Le renouvellement urbain est lancé, avec plusieurs traits fondateurs : la dimension écologique, la mixité sociale et la reconnexion au reste de la ville.

En 2011, le Plateau de Haye a reçu le Grand prix national Écoquartier.

Le quartier aujourd'hui

En l’espace d’une décennie, le Plateau s’est aéré, par des démolitions spectaculaires. Il a verdi, à grand renfort de plantations et de jardins. L’ancien Haut du Lièvre s’est aussi reconnecté avec le bas de la ville, avec l’arrivée de la Ligne 2 du Réseau Stan. Ses logements sont devenus plus confortables, plus variés aussi, avec la construction de petits ensembles, sous la houlette de l’Office Public d’Habitat, premier opérateur du quartier. Son tissu associatif s’est développé. Un nouvel espace commercial est apparu. Les écoles ont été refaites. Les habitants ont commencé à s’engager, au travers des Conseils citoyens.

Au quotidien, les habitants ont accès à de nombreux équipements publics, qui font la qualité de vie du quartier : 1 crèche multi accueil de 90 places, 1 halte garderie et un lieu d’accueil parents/enfants, 3 écoles maternelles, 4 écoles élémentaires publiques, le collège Claude le Lorrain, une médiathèque, un forum, le centre social la Clairière, les jardins partagés, le pavillon de l’orangerie et les salles de Gentilly, le Palais des Sports Jean Weille, la piscine olympique de Gentilly (Alfred Nakache), les équipements hospitaliers sur Gentilly, et un joli marché dominical.

Cette décennie de mouvement permanent, animée de concert avec les villes de Laxou et de Maxéville et le soutien de la Métropole du Grand Nancy, a permis de faire du Plateau de Haye un site d’intérêt national au titre du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU), qui court jusque 2024.

Concrètement, une seconde vague d’investissements est lancée. Centrée sur le secteur Est (les Aulnes, le parc Sainte Catherine et le Haut du Lièvre), elle a été imaginée par le Bureau des Paysages de l’urbaniste Alexandre Chemetoff, après concertation avec les villes, les bailleurs, la Métropole du Grand Nancy et les habitants. Elle va d’abord permettre de travailler sur les fonctionnalités du quartier : aménagements des espaces libérés par la démolition du Blanc Sycomore et du Hêtre pourpre, reconversion des Tamaris et des Ombelles en logements, commerces et espaces dédiés aux entreprises, création d’espaces verts, de jardins partagés et de stationnement.

Ce nouveau plan vise surtout à augmenter la diversité de l’habitat pour favoriser les parcours résidentiels et permettre un rééquilibrage du parc de logement. L’objectif est de proposer aux habitants des produits en location et en accession favorisant une mixité sociale et résidentielle nouvelle, clef de voûte de l’achèvement du désenclavement du quartier.

En quelques chiffres

  • 3 517 logements aidés réhabilités
  • 1 120 logements aidés démolis
  • 2 000 logements neufs prévus dont 769 déjà livrés
  • 44 400 m² d’activités prévus dont 19 800 m² déjà livrés
  • 17 100 m² de commerces prévus dont 4 100 m² déjà livrés
  • 100 ha d’espaces publics réalisés
  • Montant des investissements 2004-2014 : 242 M €

Les projets

  • Maison des Projets
  • Jardins Partagés

Informations annexes au site

En complément