Sport

Laurence Ragaru

C’est bien au Championnat du Monde Vétérans d’Athlétisme prévu en 2020 à Toronto que Laurence Ragaru se projette maintenant. Elle est de celles dont Nancy peut s’enorgueillir mais surtout de celles qui aiment les objectifs qui ressemblent à des défis…

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Direction le stade

Tout commence il y a un demi-siècle. Laurence Ragaru voit le jour à la maternité de Nancy, entre une mère employée chez Brossette et un père qui travaille aux aciéries de Pompey. Sans doute lui a-t-il transmis un ADN sportif, lui qui a failli se retrouver footballeur professionnel, s’il n’avait fallu à l’adolescence, intégrer les rangs de l’usine.

C’est une enfant studieuse qui affiche de très bons résultats scolaires mais les bulletins restent biffés de « trop bavarde » ou « perturbe la classe ». Aujourd’hui, nous la dirions hyperactive. 

Est-ce un hasard si son école de Saint-Max regardait le stade. Elle traverse la rue et découvre toutes les pratiques sportives du lieu, de la gymnastique au hand-ball, en passant par l'athlétisme ! Elle respire.

Un parcours lancé d’avance

« C’est mon fief » répète-t-elle pour signifier son bonheur d’arpenter le stade et de partager le sport avec ses amis. Elle file en sport-études au lycée Georges de la Tour. Des entorses l’empêchent de courir, elle lancera donc le disque et monte sur les podiums nationaux avec cette discipline, avant de se mettre au lancer de marteau et d’afficher son record de 47,80 m.

Mais l’heure est aux études de sciences. Après un Deug B, elle prend une année sabbatique et passe des concours : psychomotricité, kiné, manipulatrice radio et infirmière psy qu’elle obtient (entre autres) à Nancy. Diplôme en poche, elle intègre le Centre Psychothérapique de Nancy et travaille depuis au Centre de Soins pour Adolescents. 35 ans, mariée avec celui qui l’entraînait et maman de Mélanie maintenant adolescente (et tout aussi sportive), elle retrouve les voltes du stade. Elle sera vice-championne du monde au lancer de marteau en 2014 et championne d’Europe en 2015.

« J’ai la chance, je ne me blesse pas ». En plus de son travail, pas un jour sans entraînement et renforcement musculaire. Infirmière, elle connaît les limites de son organisme.

Dégage du temps pour un triathlon, le trail de Chamonix… et puis Toronto ! Toutes ces compétitions sont exemptes d’enjeu financier, on souhaiterait un élan pour les soutenir avec Violaine Lecoanet, son amie sprinteuse qui doit l’accompagner.

Sa place est ici

Quelle trempe pour cette femme qui révèle une bien élégante fierté et peut aussi être un peu trop franche. Comprenez que le temps est compté pour Laurence Ragaru qui se définit boulimique de la vie. Également responsable des inscriptions et trésorière du Nancy Athlétisme Métropole, coresponsable de l’organisation des courses de la Saint Nicolas et des courses d’Octobre Rose (7e éditions en 2019), adepte des Vosges, lectrice ponctuelle tous les mercredis du « Canard », lectrice nocturne de policiers ou Bernard Werber, en quête d’une deuxième vie pour pratiquer la musique, coureuse le long du canal, gourmande de l’asiatique « La Muraille de Chine » ou d’un petit salé aux lentilles, elle apprivoise la marche en arpentant les rues de la vieille ville.

Pardon ? Vous vous sentez fatigués ? Hum… pas Laurence Ragaru,elle est déjà au coin du stade !

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