Le Jardin éphémère 2019

Le 16e jardin Éphémère est né d’une image dans un catalogue d’exposition, celle de la dernière création verrière d’Emile Gallé, figure emblématique du mouvement artistique de l’École de Nancy. La « main aux algues et aux coquillages » de 1904 est le ferment qui a ensemencé la création végétale et culturelle de la place Stanislas. À découvrir du 28 septembre au 3 novembre, tous les jours de 8h à 22h.

La grande complexité de l’installation du jardin éphémère implique une préparation de plusieurs mois. Octobre 2018. Un collectif de la Direction des Parcs et Jardins de la ville de Nancy débat et échange sur le pavé de la place Stanislas. Imaginer un jardin, c’est toujours partir d’un lieu, en l’occurrence l’agora nancéienne, cette place centrale avec une statue imposante du dernier Duc de Lorraine. 

Une bague royale

Penser l'Éphémère, c’est faire avec cette architecture « à la française », avec ses lignes de fuite et ses perspectives. Lorsque l’oeuvre d’Emile Gallé, La « main aux algues et aux coquillages » de 1904 est avancée sur la table d’un thème possible, c’est un jardin qui s’impose comme une évidence.

Vu du ciel, son contour adoptera celui d’une main dépliée, paume ouverte vers le ciel. La statue de Stanislas sera centrée sur le majeur, telle un joyau, une bague royale. Reste alors à positionner chaque phalange, à organiser les différents espaces, les circulations piétonnes. Rien ne doit gêner les flux. Le site historique doit continuer à vivre, y compris lorsque les végétaux le colonisent temporairement. Sur la table à dessin, les croquis se succèdent, crayonnés des possibles. Au fur et à mesure, la thématique s’étoffe. De la « main contour » naissent d’autres envies. L’organe préhensile qui agit, qui saisit, est un symbole puissant. Il est l’outil du créateur, de l’artiste, de l’artisan. Chaque doigt accueillera une matière, fil conducteur d’un choix de plantes et de structures qui dialogueront dans la scénographie finale. Il sera donc question de bois, de métal, de feu, d’eau et de terre. Cette orientation donne naissance à de multiples idées.

C’est ainsi que le jardin se crée, par strates successives, par ajouts et retraits. L’espace disponible, sa dimension imposante, le prestige du lieu sont des contraintes qui nourrissent l’inventivité. Au fil des semaines, le choix des matériaux, la sélection variétale se précise, les prototypes des structures sont réalisés aux serres municipales.

Un travail entièrement réalisé avec les forces internes du service des Parcs et Jardins. Les verreries évoqueront l’eau, des végétaux simuleront la terre, le feu prendra spontanément la couleur de certaines plantes.

Les rendez-vous

Visites guidées
Rendez-vous à 15h place Stanislas devant l'Hôtel de Ville : jeudi 3 octobre, dimanche 6*, mercredi 9, dimanche 13*, mercredi 16*, mercredi 23, samedi 26 octobre.
*traduction simultanée en langue des signes française

Conférence
Dimanche 13 octobre à 10h, Grands salons de l'Hôtel de ville : 
Plantes médicinales du monde en thérapeutique par Jacques FLEURENTIN, ethnopharmacologue

Prenez de la hauteur pour observer l'Ephémère
Ouverture des balcons du salon carré de l’Hôtel de Ville de 14h à 18h les dimanches 29 septembre ; 6, 13, 20 et 27 octobre ; 3 novembre.

L'empreinte se dessine

Le mot « empreinte » surgit brusquement dans les conversations. L’empreinte carbone, l’empreinte environnementale sont des concepts très actuels. Les évoquer dans le jardin-main s’impose.

L’Éphémère est une narration. Il raconte des histoires à ses visiteurs, les entraîne, s’ils sont consentants, à rêver d’une planète respectée, à imaginer un monde meilleur, à agir. L’Éphémère raconte le durable, celui nécessaire à la poursuite de la vie sur terre.

Pour « Empreinte », le chiffre cinq est omniprésent. Les cinq doigts de la main, les cinq éléments de la médecine et les vertus avérées des plantes médicinales dans la pharmacopée.

Le jardin accueille ces végétaux qui soignent, il les met en scène autour d’une ligne, la « ligne de la santé ». Pour se structurer dans l’espace, la  création végétale a besoin de repères. Pourquoi ne pas s’amuser autour des lignes de la main chères aux diseuses de bonne aventure et autres cartomanciens ? Cette liberté de dévier, de détourner un sujet, de ne pas se prendre au sérieux, est un atout.

Ainsi conçu, l'Éphémère pourra capter l’attention de divers publics avec ses approches éclectiques et multiformes. 

Un jardin coopérant

L’aspect plastique de la création, son ambiance, ne doit pas occulter tout un pan de l’aventure. Une aventure humaine cette fois. Les jardiniers de la ville de Nancy restent les « directeurs artistiques » du jardin. Artistes, artisans et scientifiques l’ont à l’esprit quand ils rejoignent le projet. Cette co-construction est pertinente et apporte du sens au collectif.

Chaque oeuvre, chaque apport d’une structure, chaque irruption des nouvelles technologies dans le jardin doit se justifier et répondre à une préoccupation : la mise en valeur de l’élément naturel, du végétal étonnant, révélé au cœur de l’espace urbain.

C’est bien le but affirmé, sans l’arbre qui apporte son ombre et sa respiration au cœur de la canicule, sans la plante qui génère de la biodiversité, la vie ne peut tout simplement pas se développer.

Les cinq doigts du jardin

Pour prendre en main le jardin «Empreinte», se servir de ses pieds est une excellente idée. En déambulant entre les scènes végétales, si les émotions surgissent, les interrogations aussi. La médecine chinoise, les lignes de la main, les plantes médicinales, la matière ou encore Emile Gallé sont de bons guides. Balade impressionniste dans les cinq doigts de la main-jardin.

1/ Dans une main de terre | Earth in your hand

«Arrête, la terre c’est sale!» Quelle idiotie cette phrase entendue enfant lorsqu’on plongeait avec délices la menotte dans la glaise  beige, luisante et douce. La terre est la vie.  Jouer avec, composer ses plantations, est une joie pour le cultivateur. Il la soupèse, la frotte entre ses doigts, la renifle, l’effrite. Sa main terreuse sait alors quelle plante va s’accorder à la matière noble. Pour le jardinier, le végétal est aussi source de création aérienne. Il plesse le saule toujours vivant,  autrement dit, il le tresse. Les volutes vertes se courbent élégamment, compositions géométriques qui s’élèvent, légères et mobiles.

"Stop it, earth is dirty!" This is what young kids heard as they were delighted to explore soft, glossy, clayey soil. Of course it is foolish nonsense! Earth is life. Playing with it, organising the areas for plantations caused real pleasure and happiness to the farmers : look at them as they pick up a handful of it, smell it, fiddle with it before crushing it… And then the earthy hand could identify which plant will tune best with the noble material. The plant is also a source of inspiration for aerial creations by the gardener: the alive branches of the willow can be "pleached", i.e. interwoven into elegant geometric convolutions and green curvy scrolls swaying in the wind...

2/ Full Metal Pâquerette | Iron Daisy

Dur comme fer. Certes, le métal n’est pas un tendre mais il est quand même  façonné par l’homme depuis l’âge du fer. Alors? Coincé entre le marteau et l’enclume, l’artisan le façonne à la main, le tord en des formes  toujours plus complexes.  La plante sait aussi se mettre au fer, adopter une teinte noire, violette ou bleu acier. Ciboulettes, romarins, thyms,  blés bleus et pâquerettes poussent à même le pavé, de chaque côté des tunnels d’acier, pour mener le visiteur à l’extrémité de l’ongle, jusqu’aux courbes striées de l’empreinte digitale.   

As hard as iron. Sure Metal is everything but soft and yet it has been worked and formed by human beings since the Iron Age. So no surprise to see the craftsman trapped between the hammer and the anvil, framing and warping  the piece of metal by hand into ever more complex shapes. Many plants can also set a challenge to Metal, e.g having them adopt a black or purple or steel blue colour. Chives, rosemary, thyme, lyme grass, daisies  find a way through the pavement, on both sides along the steel tunnels, leading the visitor to the tip of the nail, up to the striated curves of the fingerprint.

3/ Gallé dans l’eau | Emile Gallé in water

En médecine chinoise, l’eau, froide et humide, s’écoule vers les profondeurs. Sur le majeur du jardin main, l’eau ruisselle des hortensias, des   extrémités, vers la statue de Stanislas, monarque en son île. Elle a capté l’énergie liquéfiée d’un toit de verre azuréen pour serpenter entre des oursins ferrugineux ou des oursins méduses. Cyperus papyrus ‘akhenaton’ et cleopatra, en végétaux conquérants, ont colonisés les bassins. Le monde marin a fourni à Emile Gallé, figure de proue du mouvement de l’Ecole de Nancy, nombre de ses motifs décoratifs dont «la Main aux algues et aux coquillages», L’ultime verrerie du maître a été source première d’inspiration pour notre jardin. Elle nous a guidés au tout début de la création, sans jamais nous lâcher la main.

Water, the cold and wet element in Chinese medicine, flows to the netherworld. The water is streaming from the hydrangeas along the middle finger of the hand-shaped garden, towards the statue of Stanislas, the monarch on his island. It has captured the liquefied energy from a roof of azure glass and meandered its way between ferruginous or jellyfish urchins. Cyperus papirus 'akhenaton' and cleopatra, faithful to their reputation of conquering plants have invaded the basins. The marine world offered to Emile Gallé - the figurehead of the École de Nancy movement – numerous decorative motives, in particular the "Hand with Seaweed and Shells". This last glassware that he created has been the prime source of inspiration for our Garden. We called on him for guidance from the start of the creative project and never let his hand go. 

4/ L’artisan du mouvement | The craftsman of the movement

La plante pousse, monte, croît, en expansion continue. Le bois, matière toujours vivante, réagit différemment au façonnage de la main de l’homme, de l’artisan. Il se contracte, se tord, se redresse, se dilate, se patine et s’embellit. Il travaille,  dit-on. Les variations de bruns, jaunes et ocres stimulent alors l’envie des végétaux. Chrysanthèmes, Libertia peregrinans, carex et digitales jouent leur partitions,  enchantent la matière noble. Le bois répond aussitôt, se plesse, se tresse en contorsions toujours plus acrobatiques. Dans la nature, l’émulation est permanente. Le jardinier agit en chef d’orchestre de cette symphonie du mouvement.

The plant grows, rises, pushes upward in continuously expansion. Wood, as long as it is a live material, reacts differently when being fashioned by the hand of man, the craftsman: it will likely recede in size, distort itself, straighten up, expand, acquire patina over time, embellish, …. Wood is said to 'go on working' or 'cracking' and such variations between brown, yellow and ochre tints then stimulates the energy of plants. Chrysanthemums, Libertia peregrinans, sedges and foxgloves play their own musical scores and enchant the noble material. Wood responds immediately: it can be bent or braided in increasingly acrobatic contortions. Emulation is permanent in nature. And the gardener acts as a conductor for this symphony of movement.

6/ La famille, on y croit | In the family we trust

A la base même du pouce, la voyante peut lire la ligne de la famille. Un entrelac de stries et de courbes imbriquées. Compliquée la vie de famille? Certes, c’est un lieu de rebondissements permanents, d’intrigues mais aussi de grandes joies. Les plantes connaissent aussi cela, les hauts et les bas de la croissance. Des hauteurs différentes se succèdent, alternances de cannes de Provence, Hélianthus, salicifolius et topinanbours. Au final, un espace assez dense mais avec de larges ouvertures  qui donnent à voir la vie du jardin à travers le végétal.  Un  spectacle toujours changeant.

The palmist can decipher the family line at the base of the thumb, with its intertwined streaks and nested curves. Is family life really so complex ? Sure, it is a forum, non only for repetitive twists or intrigues, but also for great joys. Plants are also familiar with these ups and downs of growth. The series of plants with various heights have developed into a line, including Giant reed, Helianthus salicifolius and Jerusalem artichoke. In the end, a fairly dense space with wide openings displaying a panorama on garden life via the vegetal world. A constantly changing show.

5/ Pouce brûlant | Burning thumb

«Notre maison brûle et nous regardons ailleurs» constate Jacques Chirac, président de la République française, en ouverture de l'assemblée plénière du IVe Sommet de la Terre, le 2 septembre 2002 à Johannesburg, en Afrique du Sud. Dix sept ans plus tard, l’incendie n’est pas éteint. Les atteintes majeures aux grands équilibres marins et terrestres continuent.  Ce pouce en feu est un symbole.  Couvert de chrysanthèmes rougeoyants et de graminées pourpres, il en est rouge de colère. Les jardiniers l’ont bordé de briques, tel un foyer brûlant qu’on voudrait enfin contrôler, circonscrire, apaiser.     

"Our house is burning and we look elsewhere" President of the French Republic Jacques Chirac said when opening the Plenary Session of the 4th Earth Summit on 2 September 2002 in Johannesburg, South Africa. Seventeen years later the fire has not been put out and goes on causing severe damage to major balanced marine and terrestrial ecosystems. The burning thumb in the form of a dense cover of glowing chrysanthemums and purple grasses is a metaphor of its rage and anger. The gardeners have lined it with bricks around a blazing fireplace that we hopefully will manage to control, contain, calm down.

7/ Peau paumée | Waving palm

Au début des pèlerinages vers Compostelle, les pèlerins qui quittaient la Navarre débouchaient sur des vastes plateaux dénudés sans vrai chemin balisé. Certains semblaient perdus et faire signe de la main avec les doigts écartés. Les paulmados, les paumés, tendaient simplement la paume de la main évoquant vaguement la coquille jacquaire ou  la feuille de palmier.  Sur le jardin, la paume est un jeu de vagues de Pennisetum rubrum et de chrysanthèmes. Douces ondulations vertes, moelleux de  la peau, de la paume.

At the beginning of the Compostela pilgrimages, the pilgrims leaving the Navarre province entered an area of vast bare plateaus without properly marked path. Some of them looked like people who had gone astray and made a hand gesture with spread out fingers. Actually these palmados (Spanish for "lost ones") simply stretched the palm of their hand as a reference to the famous St James shell or simply to a palm leaf. The palm in the garden refers to the sway of Pennisetum rubrum and chrysanthemums. Soft green wavelets, velvety ripples of the epiderm, of the palm.

8/ La vie est une ligne | Life is a life line

Si la vie était une ligne, cela se saurait, elle tracerait une voie à suivre. Mais rien n’est aussi évident et l’existence est souvent parsemée de pointillés. L’homme hésite sur son chemin. Si notre table suit les contours de la ligne de vie chère aux voyants et devins, c’est pour explorer un début de solution à nos problèmes : que les visiteurs s’y retrouvent souvent, s’attablent et se parlent. Sur son  plateau de bois brut, le plus  long jamais réalisé dans les jardins éphémères nancéiens,  les empreintes de main témoignent de l’action des concepteurs du jardin, qu’ils soient jardiniers, artistes, scientifiques ou artisans. 

If life were a pre-delineated line, it would be very easy to identify the way to go. But it is unfortunately not as simple as that and lifetime is often like a dotted line, so that we are uncertain as to the way to go. The purpose of this table following the contour of the life line – the favourite one to seers and soothsayers - is to help visitors find a way for a solution to their problems. No wonder that so many of them will meet there, sit down and engage in a chat. The hand prints on the raw wood platter – the longest one ever made for the Nancy ephemeral gardens - betray the contribution of all designers, be they gardeners, artists, scientists or craftsmen.

9/ Clairière à la place | Clearing in a Square

Une place est une agora, un lieu de rencontres et d’échanges. Dans la cité, la minérale Place Stan joue pleinement son rôle social et politique. Dans la forêt, c’est la clairière qui éclaire les populations d’arbres. Oasis de lumière crue, les hommes s’y retrouvent, aspirent les bouffées d’oxygène dégagées par ces respirateurs infatigables, véritables usines de dépollution. Planter des arbres dans les villes, créer des oasis urbaines, est donc plus qu’utile. En ces temps de réchauffement climatique avéré, mêmes les plus climato sceptiques d’entre nous se retrouveront un jour dans la clairière.  

A square is basically an agora, a site to host meetings and foster exchanges. The mineral "Place Stan" in Nancy does fulfil its social and political duty. In a forested area it is up to the clearings to provide lighting to tree stands and offer a clearlighted oasis. The citizens are keen to meet there and enjoy inhaling clean oxygen released by these respirators fulfilling their duty as depollution plants. Planting trees in cities create such urban oases that are obviously most helpful. As global warming cannot be denied, even the staunchest climate change skeptics will be found some time in the shade of the clearing.

10/ Tristes tropiques | Sad tropics

La déforestation de plus en plus intensive est la principale cause des feux qui dévastent régulièrement la forêt amazonienne. L’empreinte laissée par les flammes restera marquée pour longtemps dans la mémoire des arbres. Que faire ensuite? Protéger, sanctuariser pour tenter de sauver? Oui, sans doute, mais aussi changer radicalement nos modes de vie, se réaccorder avec cette nature dont nous ne sommes qu’un petit élément. Pour réapprendre l’humilité, rien de tel qu’un séjour en forêt. L’immobilité, la stabilité, la permanence des arbres nous donne le chemin à suivre, un chemin forestier donc. Encore faut-il oser le prendre. 

Increasingly intensive deforestation is the main cause of the fires that regularly devastate the Amazonian rainforest. The imprint left by the flames will remain marked for a long time in the memory of the trees. What to do next? Protect, sanctuary to try to save? Yes, no doubt, but also radically change our way of life, to re-connect with that Nature where we are no more than a tiny component. Is there anything better to relearn humility than a stay in the forest. Though being motionless, stable, immutable, the trees will offer several ways or suggest which way in the forest is to be followed. However, it will be up to you to decide on which one you will dare venture.

11/ Fonds épuisés | Exhausted sea bed

Un puits sans fond, des bouteilles plastiques à la mer qui renferment un message amer, celui de notre aptitude à détruire ce que nous avons de plus cher, cette chère mer. Sous l'effet des courants, des milliards de fragments de plastique s’y sont amalgamés. Ils ont été multipliés par cent dans le Pacifique en quarante ans. Les emballages se multiplient et la pollution s’emballe. Le "7e continent de plastique" continent plastique est une plaque de déchets de la taille d'un tiers des Etats-Unis ou de six fois la France. Largement de quoi épuiser les fonds. 

A bottomless pit full with various wastes, including plastic bottles with a bitter omen: a reminder of our ability to destroy what we hold as dearest in our dear sea. Being carried by the streams, billions of plastic bits and pieces have aggregated and the stockpile has increased a hundredfold within 40 years in the Pacific Ocean in forty years. Plastic packaging has also multiplied nonstop and pollution is running out of control. The "7th continent of plastic" is a vortex of waste covering an area that has a third of the size of the United States or sixth times that of France. And eliminating the 'garbage patch' could also cost bottomless funding ! 

12/ Isoloir contre la solitude | Voting booth against loneliness

«Les fleurs et les plantes n’ont pas de mains pour manier le monde»  ironise Emanuele Coccia, philosophe italien.  L’homme, qui possède des mains,  a donc cette responsabilité de diriger son avenir sur terre. Il peut le faire collectivement mais aussi individuellement. Dans cet isoloir, il vous est proposé de réfléchir, de dessiner rapidement un avenir plus vert. Quelle action vais-je mener pour mieux protéger cette nature? Se poser la question devrait logiquement initier l’action. Seul ou avec d’autres!

"Flowers and plants have no hands to handle the world," said the Italian philosopher Emanuele Coccia as a quip. As human beings have hands they have a duty to steer their own future on earth. This can be achieved, non only collectively, but also individually. You are invited to enter this voting booth, then take a short moment to reflect before rapidly draw what a greener future should look like. What action am I prepared to develop for a better protection of Nature ? Thinking over the question should logically initiate some action. To be done alone or with partner(s) !

13/ Son art | Sound Art

Comment éveiller les consciences, réveiller une soif de nature, empreinte presque effacée dans des cerveaux urbains déconnectés? Par le son, par le Totem son. Comme les totems indiens, troncs d'arbres plantés dans le sol, ils encerclent le jardin, en sont les gardiens. Il suffit d’y entrer, de s’installer. A leur contact, les plantes murmurent, la matière vivante respire, les éléments et matières parlent et le message passe, amplifié par un étrange pavillon, douche entonnoir travaillée de bois, de métal ou d’osier, puis par l’oreille, formidable petite machine humaine qui transforme le son en sens.

How will you awaken people's conscience, revive a thirst for nature, revitalize the imprint on the verge of erasure in disconnected urban brains ? By the sound, the Totem sound. The tree trunks have been pitched like First Nation totems and act as guards of the circular garden. You just have to enter and take hold somewhere. As soon as contact has been established, the plants start whispering, the living matter breathing, the components and material talking so that the message is transferred, first amplified by a strange pavilion, a kind of shower funnel made with wood, metal or wicker, and then by the ear as  a wonderful yet modest human machine giving sense to the sound.

14/ Élémentaires | Five elements

En 2019, les cinq doigts de la main jardinée se sont posés sur la place Stanislas, comme les cinq éléments de la médecine chinoise se sont imposés plus de mille ans avant notre ère. Les guérisseurs ne recherchent plus une explication surnaturelle aux maladies mais observent la nature pour y découvrir des schémas et interpréter les désordres. Dans l’ouvrage intitulé Shang Shu, écrit sous la dynastie des Zhou de l’Ouest (1000-771 avant J.C.), on peut lire : « Les Cinq Eléments sont l’Eau, le Feu, le Bois, le Métal et la Terre. L’Eau descend et humidifie, le Feu s’élève, on peut courber et redresser le Bois, on peut mouler et durcir le Métal, la Terre permet de semer, de faire pousser et de récolter » 

The five fingers of the gardened hand have settled on Place Stanislas, just as the Five Elements of Chinese medicine began prospering more than 3 millennia ago. Healers have given up seeking for a supernatural explanation concerning diseases and turned to nature to identify patterns and interpret health disorders. Let us see what the book entitled Shang Shu dating back to the Western Zhou dynasty (1000-771 B.C) says : "The Five Elements are Water, Fire, Wood, Metal and Earth […] Water soaks and descents, Fire blazes upward, Metal can be moulded and become hard, Wood can be bent and straightened, Earth permits sowing ; growing and reaping"

15/ Madame Irma | Madame Irma

La fameuse Madame Irma aurait bel et bien existé. Voyante, elle exerçait après guerre à Paris, plus précisément dans un arrondissement malfamé, au 4ème étage d’un petit immeuble. Qui dit voyance dit chiromancie et lecture des lignes de la main. La ligne de vie, de tête, de cœur, du destin, de chance ou de santé au creux de la paume de la main livrerait des secrets sur votre futur. Charlatanisme diront certains, en réaction épidermique ? En tous cas, ces lignes sont inspirantes pour dessiner un jardin,  bien plus que le marc de café.

No doubt, the famous Madame Irma did exist. After the end of WW2, the clairvoyant lady settled on the 4th floor in a modest building of a Paris ill-repute area. Clairvoyance clearly refers to the art of practicing palmistry and foretelling the future. The lines corresponding to your head, heart, fate, fortune or health intersecting in the palm of your hand can betray the secrets of your individuality and can foretell your future. Some people may claim that it is pure wizardry, a kind of skin-deep reaction? Anyway In any case, these lines offer creative inspiration to design a garden, anyway more than reading tea leaves.

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