Fêtes de Saint Nicolas, Objectif Belgique

Épisode 3 - Objectif guindaille : la Saint-Nicolas des étudiants liégeois

Ça y est, c’est reparti pour un an ! Cette semaine, les étudiants des universités et écoles supérieures de Belgique reprennent le chemin des salles de cours. Incontournable de la vie estudiantine liégeoise, la saison des baptêmes fait également son retour.

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Un baptême pas très orthodoxe

Petit point de vocabulaire : il n’est pas question ici d’une quelconque entrée dans une communauté religieuse, mais bien dans celle des étudiants qui aiment faire la fête, parfois plus qu’ils n’aiment leurs études. En début d’année, les comités des baptisés de chaque faculté tentent de convaincre les petits nouveaux de les rejoindre. Au programme, l’apprentissage de dizaines de chants paillards, des épreuves diverses – légèrement humiliantes mais jamais traumatisantes –, un apprentissage du folklore et surtout beaucoup de bière.

Qui dit fête traditionnelle, dit aussi costume de fête. Les baptêmes ne font pas exception. Chaque étudiant de Liège se munit en début de cursus d’un tablier blanc. Lors de sa première sortie, il se transformera en toile blanche sur laquelle amis ou inconnus pourront écrire ou dessiner ce qui leur chante. Les baptisés se distinguent par un accessoire supplémentaire : la Penne ; sorte de casquette avec une très longue visière, harnachée à son propriétaire par un jeu de chaînes. Au sommet de la hiérarchie des comités de baptême se trouvent les « Togés », les organisateurs des fêtes estudiantines, les fameuses « guindailles ». La toge qui les habille définit aussi leur appartenance puisque chaque faculté est représentée par une couleur.

Un calendrier très serré

De septembre à la fin du mois de novembre, les fêtes d’initiation s’enchainent. Celles-ci se déroulent dans un immense hangar mis à disposition par les autorités communales. Ce dernier est encore appelé « Chapiteau », en souvenir de la grande tente qui abritait les festivités jusqu’il y a peu.

La Saint-Nicolas est l’apothéose de cette période de recrutement des nouvelles troupes. Tous les étudiants, toutes facultés confondues, ayant passé les épreuves sont réunis pour une dernière séance de bizutage. Ils reçoivent à son terme la fameuse « Penne » tant convoitée.

Du 6 décembre à la mi-mars, d’autres fêtes sont organisées, en l’honneur des saints-patrons des facultés : Saint Imhotep (architecture), Saint Cisive (dentisterie), Saint Ptôme (pharmacie) etc… En mars, tous les étudiants, baptisés ou non, se retrouvent une dernière fois pour célébrer leur saint patron à tous : le Saint Toré. Ce taureau, œuvre du XIXe du sculpteur Léon Mignon, est l’un des symboles folkloriques de Liège. Les étudiants défileront devant lui, avant de peindre ses testicules aux couleurs de la faculté vedette de l’année. Place ensuite aux choses moins sérieuses mais nécessaires : quelques semaines d’étude pour réussir ses examens.