Ils font Nancy

Laura Cahen, l'aura capitale

Le 29 avril dernier, Laura Cahen investissait, en majesté, la scène de la salle Poirel. Un concert exceptionnel synonyme de retour aux sources pour la nancéienne et son aura singulière, dont le paysage musical français semble bien ne plus pouvoir se passer.

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Jouer ici était un rêve de petite fille. J'y ai vu, en spectatrice, plusieurs concerts inoubliables : Sophie Hunger, Émilie Loizeau, Avishai Cohen... La salle Poirel, c’est mon Olympia à moi !

Plusieurs semaines durant, Laura a travaillé sa partition, écrivant celle de tous les instruments (cuivres, cordes) présents sur scène pour l’occasion, et intégrant à la mise en scène deux danseurs spécialistes de tissu aérien (que l’on retrouve dans son clip Froid). Au moment de monter sur scène, l'émotion était palpable. « J'avais une peur : que la salle ne se remplisse pas ». Un stress rapidement emporté par les brouhahas des spectateurs. Laura peut alors librement s'adonner à son rituel d'avant-scène : exercices vocaux, course du jardin à la cour… et maquillage.

De ce large bandeau noir encadrant son regard, elle a fait son accessoire principal. « Ce masque évoque l'oiseau noir, le black swann… Grâce à lui, j’entre dans un personnage. Il fait référence à mes ancêtres berbères du désert ». Des aïeux maternels chassés d’Espagne, puis du Maroc et d’Algérie, dont elle raconte le périple jusqu’à Nancy dans Nord, son premier album. Une histoire personnelle mais universelle qui résonne aujourd’hui sur les ondes de France inter (dont l’album a intégré la playlist) et suscite des chroniques unanimement élogieuses. « Avec cet album, j'existe davantage en tant qu'artiste » reconnaît la jeune femme.

MAI, tremplin formateur

Une reconnaissance toute méritée si l’on en juge au nombre des années, puisqu’à seulement 26 ans, la nancéienne a derrière elle une déjà longue carrière de musicienne. À 4 ans, elle débute le piano. A 10 ans, réalisant que « chanter (lui) fait du bien », elle arme sa voix en prenant des cours en école de musique, s’accompagnant au piano, puis à la guitare « pour des raisons pratiques ». À la maison, on écoute les Beatles, Bobby Lapointe, Bashung... Une playlist familiale à laquelle la jeune fille ajoute Camille, Feist, Alicia Keys, Aretha Franklin, Barbara, Gainsbourg, Portishead, Radiohead et Lhassa. À 14 ans, elle écrit ses premières chansons, avec l'envie ferme d'en « faire (sa) vie », encouragée en cela par et des prédispositions certaines et des parents psychiatres et mélomanes - les trois enfants du couple feront de la musique leur métier –.

Son bac L arts plastiques en poche, l’ex-lycéenne à Poincaré intègre la MAI (Music Academy International), dont elle sort major. Elle sera, dès lors, intermittente, avec Deux Z’elles, son premier groupe, puis en solo. La sortie d’un premier EP remarqué en 2012 lui permet d’enchaîner les concerts à l'étranger (Canada, Etats-Unis, Angleterre, Allemagne, Chine, Italie)... Et avec Nord, Laura inscrit définitivement sa voix inimitable dans le paysage musical français.

Depuis janvier, vie d'artiste en promo oblige, elle n'a pas passé plus de sept jours consécutifs chez elle (quartier Blandan). A-t-elle pour autant pensé à s'installer à Paris ? "Absolument pas. Nancy, c'est les amis, la famille, je m'y sens chez moi". Pour l’heure, elle ne pense qu’à une chose : "continuer le chemin, à faire ce (qu’elle) aime".

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