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Jean-Marc Boivin

Professeur de médecine générale et hypertensiologue, Jean-Marc Boivin concilie avec passion soin, enseignement et recherche. Entouré de ses internes, il souhaite justifier le traitement de l’hypertension à travers un essai clinique inédit et lance un appel à volontaires.

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« Continuer de prendre des médicaments pour une hypertension qui n’existe plus peut exposer le patient à des risques. 20 à 30% des patients qui suivent un traitement pour l’hypertension n’en auraient pas ou plus besoin. J’ai ainsi lancé une grande campagne de recrutement de patients hypertendus pour un essai clinique intitulé « STOP-Trial ». L’objectif de cette étude nationale vise à démontrer dans quelles conditions certains patients pourraient se passer de leur traitement antihypertenseur. Nous avons déjà 250 participants, j’ai encore besoin de 80 sujets. »

Un parcours atypique

Dans les années 80, la médecine générale n’est une spécialité que depuis une dizaine d’années et les enseignants commencent seulement à se mettre à la recherche. Jean-Marc Boivin a la chance de bénéficier d’un parcours de recherche bien en amont, au moment de la création du CIC – P* sous la houlette du professeur Faiez Zannad. À l’inverse de ses pairs, il devient chercheur avant de devenir enseignant. « Certes le soin est notre première activité mais pour un universitaire c’est aussi de faire de l’enseignement et de la recherche. Mon activité se partage ainsi entre les soins à mon cabinet, mon activité d’enseignement et de recherche au département de médecine générale et au CIC-P pour l’encadrement d’internes que j’initie à la recherche. J’ai « mis le pied à l’étrier » à beaucoup d’internes, je ne sais même plus combien de thèses je dirige ! C’est passionnant, à l’inverse de certains collègues, je suis heureux de me lever pour aller travailler avec tous ces jeunes, c’est très enrichissant ! »

Leader d’opinion sur l’automesure en France.

L’hypertension est la principale thématique de recherche du Professeur Boivin, en dehors des vaccins et des antibiotiques. Pour lui, pas de diagnostic d’hypertension sans automesure : 3 le matin et 3 le soir pendant 3 jours. L'automesure permet de confirmer un diagnostic d’hypertension artérielle (HTA) réalisé en consultation ou au contraire de diagnostiquer une HTA alors que les chiffres en consultation sont normaux (on parle alors de HTA masquée). 

« 60 % des gens qui sont venus au Centre et n’ayant aucun facteur de risque associé ont pu arrêter leur traitement. Nous les suivrons régulièrement sur un an. En tant que centre d’excellence européen, nous prenons également en charge des patients qui présentent des hypertensions extrêmement sévères que l’on n’arrive pas à contrôler avec les médicaments habituel, dites hypertensions résistantes. » 

Nancy peut m’aider à faire de la recherche, m’aider à recruter des volontaires. Quand l’étude sera publiée, il y aura des retombées internationales… 

*Centre d’Investigation Clinique Plurithématique

Mon endroit préféré à Nancy : la place Stanislas. C’est vivant, il y a du monde, c’est magnique !
Ma douceur nancéienne : elle n’est pas culinaire… c’est aller ¸flâner au musée des Beaux-arts et contempler notamment le regard captivant des personnages d’Émile Friant.

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