La Pépinière Culturelle & Créative

Les anciens abattoirs dans le quartier des Rives-de-Meurthe à Nancy, prennent un nouveau visage. Développée sur près de 4 600 m² dans un lieu ouvert, la Pépinière Culturelle et Créative (PCC) apportera prochainement sur le territoire nancéien de nouvelles manières de créer, de produire et d’innover, en accueillant différents acteurs artistiques, économiques et du milieu de la formation.

Ce futur lieu sera un laboratoire créatif, doté de zones d’expérimentation, un outil de professionnalisation pour les acteurs du territoire, au travers l’installation d’organismes ressources, et enfin un espace de convivialité, grâce notamment à une « cantine », rêvée comme un « food-lab » favorisant les rencontres formelles et informelles.

Cette dynamique se développera en lien avec les espaces de création existants, et s'appuiera sur les différents acteurs présents dans le quartier (le Paddock, le lieu totem, la Poudrière, le Lorraine FabLiving Lab, la SCALEN, L'Autre Canal, le Conseil Citoyen notamment), selon des modalités en cours de définition avec chacun d'entre eux.

Ce lieu en devenir permettra de lier entre eux non seulement les artistes et créateurs, mais également les publics et habitants. Il viendra compléter les dispositifs de soutien mis en oeuvre par la Ville de Nancy aux acteurs artistiques de la cité. Ainsi, la PCC sera un lieu concourant à l'identité du quartier Rives-de-Meurthe, et de Nancy comme ville de création.

Préfiguration engagée dès 2018, pour une ouverture progressive à partir de fin 2019 !

Calendrier général

Réalisé
16 décembre 2016 Lancement du projet de Pépinière Culturelle et Créative
Mars 2017Visite du futur site
Mai 2017Questionnaire en ligne et forum ouvert
Juin – juillet 2017 6 entretiens individuels et 2 ateliers (par Le Troisième Pôle)
9 octobre 2017 Restitution de l’AMO aux acteurs mobilisés
13 novembre 2017 Échanges à partir des conclusions de l’AMO
À venir
Janvier 2018 Lancement des appels à projet de préfiguration
Février 2018 Désignation du maître d’oeuvre : le Bureau des Paysages
16 février 2018 Atelier de concertation – conception architecturale
Mars 2018 Sélection projets de préfiguration
Mi-avril 2018 Remise de l’Avant-Projet Sommaire (APS)
Mi-juin 2018 Remise de l’Avant-Projet Définitif (APD).
Mi-juin 2018 Dépôt permis de construire
Juin 2018Annonce du nom, de l’identité visuelle, des projets de préfiguration à venir
Juillet 2018 Ouverture de la Maison du projet
2ème semestre 2018 Atelier de concertation – Gouvernance
2ème semestre 2018 Recherche de partenaires
Octobre 2018 Consultation des entreprises pour les travaux
Janvier 2019 Lancement des travaux
Janvier à décembre 2019 Poursuite de la préfiguration
Fin 2019 / début 2020 Ouverture du lieu

Un site : les anciens abattoirs

Le vaste site des abattoirs de Nancy, construits selon les plans de l’architecte Albert Jasson entre 1909 et 1912, connaissent aujourd’hui une mutation progressive, ancrée dans un projet urbain plus large de requalification du secteur industriel des Rives de Meurthe. Cette zone a bénéficié au cours de la seconde moitié du XIXe siècle d’un fort essor industriel accéléré par la construction du canal de la Marne au Rhin (1853) et du chemin de fer de ceinture (1878).

Ouverts en 1912, les nouveaux abattoirs et marchés aux bestiaux occupaient une surface de 60 000 m² à proximité de la gare Saint-Georges.

L’entrée principale, flanquée de deux pavillons symétriques affectés à l’octroi et à la direction, desservait à droite les bâtiments dédiés à l’abattage et à gauche le marché aux bestiaux. Une fois arrivés sur place, les animaux (bœufs, veaux, moutons) étaient répartis selon leur espèce. 

La halle principale de 2400 m² (actuelle grande halle Renaissance) était réservée au marché du gros bétail. La halle aux veaux était similaire à la halle principale, mais aux dimensions plus réduites (864 m²).

Dans son prolongement, le marché aux moutons, divisé d’enclos métalliques, était le seul d’architecture ouverte. 

Ces nouveaux établissements étaient prévus pour répondre aux besoins d’une population de 150 000 habitants et étaient fréquentés par environ cent bouchers, quatre-vingts charcutiers, dix-neuf bouchers chevalins et vingt équipes de tueurs et tripiers.

Les progrès techniques de la seconde moitié du XIXe siècle ont permis de construire des bâtiments à la structure métallique d’une grande modernité, où les rangées de colonnes en fonte et les grands pignons vitrés, ont créé d’importants volumes. Témoins de cette révolution industrielle, les abattoirs en constituent un symbole.

Après la Seconde Guerre Mondiale, le déclin s’est amorcé. Dans les années 1960, d’importantes modifications sont nécessaires pour adapter le site au transport par poids lourds. Le transfert en 1996 de l’activité des abattoirs nancéiens dans la ZAC d’Épinal-Mirecourt marque la fin de la vie industrielle de ce site. 

Un quartier en plein essor : Rives de Meurthe

À cinq minutes de la place Stanislas, cette zone de 300 ha représente une des plus importantes opérations de reconquêtes urbaine. Entamé au milieu des années 1980, le chantier sera bientôt achevé. Les projets et les chantiers ont redéfini un nouveau visage à ce quartier : programmes immobilier, culturels et technologiques, technopôle universitaire, commerciale et hospitalière, centre d'activité tertiaire... 270 000 millions d'euros ont déjà été investis dans le secteur dont 150 millions par le secteur privé.

Le quartier Rives de Meurthe en quelques chiffres :

  • 309 ha soit 20,6% de la surface de la commune ;
  • 10 693 habitants, soit 10 % de la population de la ville de Nancy ;
  • D'ici 2022, ce sont 1 200 à 1 500 nouveaux habitants qui doivent s’y installer ;
  • Un quartier qui s’étire sur 5 km de rives du Nord au Sud de la ville ;
  • Une population active (15 à 64 ans) = 67 % de la population.

Un pôle d'activité tourné vers l'innovation

La progressive reconversion des abattoirs s’inscrit dans un programme plus vaste de renouvellement urbain, dirigé par l'architecte-urbaniste Alexandre Chemetoff. Un pôle nautique est construit sur les plans de François Noël en 1994-1998. Le reste du site est destiné au Technopôle Renaissance, inauguré en 2013, résolument tourné vers l’innovation urbaine et économique.

Ainsi, outre les activités nautiques, sont accueillis sur le site :

  • Le Lorraine Fab Living Lab (LF2L), de l’Université de Lorraine ;
  • La SCALEN, l’agence de développement et d’urbanisme ;
  • Le Paddock, l’accélérateur Lor’nTech pour les start-up du numérique ;
  • La Poudrière, une communauté globale d’entrepreneurs, d’innovateurs et de créatifs ;
  • La SOLOREM, société d’aménagement ;
  • Un centre d’affaires Médiaparc spécialisé dans le secteur des nouvelles technologies ;
  • L’Autre Canal, scène de musiques actuelles.

En outre, à proximité se trouvent :

  • L’École nationale supérieure d'architecture de Nancy ;
  • L’École nationale supérieure en génie des systèmes et de l'innovation ;
  • L’Institut national spécialisé d'études territoriales de Nancy.

À venir :

  • Le bâtiment TOTEM, dans le cadre de la Lor’n’Tech, un centre de stimulation et d'accélération pour les porteurs de projets et les entreprises de croissance.

Un projet à destination des créateurs

La Pépinière Culturelle et Créative (PCC) viendra finaliser cet espace urbain en plein développement.

Un nouveau lieu

Dès l’automne 2019, ce lieu accueillera différents acteurs artistiques, économiques et de la formation souhaitant s’engager dans une nouvelle manière de créer, de produire et d’innover. 

Maître d’ouvrage du bâti, la Ville de Nancy travaille aujourd’hui à la définition d’un projet artistique, architectural, économique et de gouvernance, dans le cadre d’une concertation élargie. 

La PCC, sur près de 4 600 m², intégrera 4 espaces distincts :

  • La Grande Halle (env. 2 200 m²), rénovée en 2012 ;
  • La Petite Halle (env. 900 m²) ;
  • Les Octrois (env. 2 x 400 m²) ;
  • La Halle ouverte (env. 700 m²), rénovée.

Les fonctions attendues du lieu

Trois grandes fonctions ont été identifiées :o Laboratoire créatif :

  • espaces d’expérimentation pluridisciplinaire, laboratoire image, lieu d’innovation ;
  • Convivialité : « cantine », food lab, plateau-média, aménagements ludiques des espaces extérieurs ;
  • Professionnalisation : installation d’organismes ressource, bureaux utilisés par les résidents le temps du projet accueilli, et salle de réunion mutualisée.

Une dynamique de territoire autour de la création.

Les arts graphiques et plastiques, la musique, le spectacle vivant, ou encore l'audiovisuel sont des composantes des Industries Culturelles et Créatives (ICC).

En complémentarité des initiatives développées par la Métropole du Grand Nancy, le projet de PCC permettra de :

  • Favoriser les croisements et les interdépendances entre les différents acteurs des ICC du territoire ;
  • Développer l'entrepreneuriat créatif et créer de l’emploi ;
  • Inciter les acteurs des ICC à rester sur le territoire.

Par conséquent, la PCC viendra :

  • Achever la dynamique de communauté innovante souhaitée par la Métropole avec Lor’nTech ;
  • S’inscrire dans le futur cluster développé par la Métropole ;
  • Participer à la construction d’un « parcours de la création », en complémentarité notamment avec le futur incubateur villa ARTEM.

L’ensemble de ces atouts offre des perspectives intéressantes pour le quartier et pour le bassin de vie nancéien : un lieu nouveau, intermédiaire, adapté à un style de vie urbain, individualisé et mobile. Ni privés, ni publics, les acteurs installés ou à venir de ce secteur composent une solution hybride entre espace personnel et espace ouvert, domicile et travail, convivialité et concentration.

Ainsi, le projet de PCC offre l’opportunité de consolider le maillage territorial tourné vers l'innovation et nourrir une dynamique de tiers-lieu à l’échelle du secteur des anciens abattoirs.

Un projet en cours de construction

Définition du projet

Cette phase consiste en la co-construction du projet de PCC avec les acteurs volontaires, pour déterminer la programmation du lieu, ainsi que la fiabilisation du montage juridique et financier retenu. Principalement concentrée sur l’année 2017, la définition précise du contenu sera affinée au courant de l’année 2018. 

Dans cette phase essentielle (définition de la programmation du site, modèle économique, juridique et de gouvernance), l’équipe projet a été accompagnée par une AMO, l’agence Le Troisième Pôle, qui a apporté son expertise en matière d’ingénierie culturelle et s’est positionné en tiers de confiance dans les échanges. 

Un enjeu fort se pose pour ce futur lieu : s’inscrire dans le Technopôle Renaissance, comme animateur de communauté, et dans le quartier, comme espace public où se croisent et se retrouvent les habitants.

Trois grandes fonctions ont été identifiées (voir plus haut) : Laboratoire créatif, Convivialité, et Professionnalisation.

Une restitution aux acteurs mobilisés lors de la concertation s’est tenue le 9 octobre à la Grande Halle, puis un échange sur ces propositions a eu lieu le 13 novembre au Théâtre de Mon Désert.

Programmation architecturale et travaux : 
Trimestre 2 / 2017 à trimestre 1 / 2020.

À l’issue d’une consultation, le choix du délégataire de la maîtrise d’ouvrage a été arrêté ; c’est la SOLOREM qui a été retenue.

Dans le cadre de son mandat, la SOLOREM a retenu le maître d’oeuvre de l’opération : le Bureau des Paysages. 

Afin d’y implanter le volet convivialité, la Grande Halle sera intégrée dans le périmètre de travaux.

Afin de créer du lien avec les habitants, les espaces publics seront intégrés à la réflexion d’aménagement de la zone, notamment dans l’objectif de faciliter l’existence, d’espaces invitant à la détente, au jeu. 

D'ici début juillet 2018 sera défini l’Avant-Projet Définitif (APD) qui a notamment pour objet de : 

  • déterminer les surfaces détaillées de tous les éléments du programme ;
  • arrêter en plans, coupes et façades les dimensions de l'ouvrage, ainsi que son aspect ;
  • définir les principes constructifs, les matériaux et les installations techniques ;
  • établir l'estimation définitive du coût prévisionnel des travaux, décomposés en lots séparés ;
  • arrêter définitivement le programme.

PRÉFIGURATION ET MISE EN SERVICE :
trimestre 1 / 2018 à trimestre 1 / 2020

Avant la livraison des espaces et la mise en service de la PCC, des actions de préfiguration seront menées sur près d’un an et demi (voir ci-après).

Préfiguration du projet dès 2018

Afin d’engager la préfiguration du lieu en devenir, et de mettre en oeuvre l’ensemble des fonctions, il est actuellement prévu de mettre en place :

  • Des appels à projet, afin de faire émerger les talents du territoire et de donner à voir ce que pourrait être l’avenir de cet équipement ;
  • Des actions en portage direct.

Le projet de PCC est conçu avec les acteurs de la cité. Afin de consolider cette démarche, ont été envisagés 3 appels à projet :

  • Maison du projet : mise en oeuvre au printemps 2018 sur le site, cette structure traduira l’identité du lieu en devenir.
    La mise en place se fera en associant les habitants du quartier par des actions participatives. Cet espace devra pouvoir accueillir des mini-événements, des rencontres, et des temps de convivialité. L’espace attendu est de 40 à 60 m² environ. La maison du projet devra pouvoir s’inscrire dans une démarche d’urbanisme transitoire. L’emplacement soumis à validation devra prendre en compte les contraintes de chantier.
  • Manifestations : soutien accordé à des manifestations ponctuelles sur le site, traduisant l’identité du lieu en devenir, et dont la mise en place se fera en associant les habitants du quartier par des actions participatives. Les manifestations retenues devront se tenir en 2018. Les interventions participatives pourront se dérouler en amont et pendant la manifestation.
  • Projet participatif : soutien accordé à un projet participatif de territoire, facilitant la création de liens entre le futur lieu et les habitants, et traduisant l’identité du lieu en devenir.
    Pour ce faire, ce projet devra être mis en oeuvre avec les habitants.
    Le projet participatif retenu devra se tenir en 2018/2019.

Ces 3 appels à projet permettront d’explorer 2 des 3 fonctions identifiées plus haut : « laboratoire créatif » et « convivialité ».
L’ensemble des projets devra être adressé à l’équipe projet au plus tard le 28/02/2018.

En parallèle de ces appels à projets, et dans l’objectif d’inscrire le projet de PCC dans des réseaux locaux et nationaux, il sera engagé la préfiguration du volet « rofessionnalisation » au travers des collaborations avec des opérateurs du territoire : 

  • Accès à des ressources : dans une logique de mutualisation, il est envisagé de faciliter l’accès à des ressources pour les acteurs culturels, en suscitant la venue à Nancy de structures et d’offres de services.
  • Retours d’expérience : afin d’accompagner la compréhension du projet, et de susciter des envies, des conférences ouvertes à tous pourraient être organisées. Des personnalités pourraient à cette occasion faire un retour d’expérience sur des projets proche des ambitions de la PCC, développés sur d’autres territoires.