Série d'été / Patrimoine

C'est l'été ! Chaque vendredi, loin des sentiers battus, nous vous emmenons à la rencontre de trésors méconnus du patrimoine nancéien. Fontaines, parcs, jardins... Profitez de cette série qui vous conduira en douceur jusqu'aux Journées du Patrimoine, les 15 et 16 septembre prochains.

#14 / Découvrez… l'histoire de la statue de Louis XV

Il trône fièrement au milieu de la place qui porte son nom et qu’il a imaginée, si vivante et si belle. La statue du « Bienfaisant » célèbre l’homme, souverain esthète et visionnaire pour la Ville de Nancy et la Lorraine. Au centre de tous les regards, on aurait du mal à imaginer une autre statue que celle de Stanislas ! Et pourtant… à l’origine, la place ne lui était pas dédiée et c’est une autre statue qui s’élevait à cet endroit…

Au milieu du XVIIIe siècle, Stanislas lance son grand projet de doter la cité d'une place digne de son royal gendre, Louis XV. Au cœur de l’écrin, il prévoit d’y ériger une statue monumentale et commande l’œuvre aux sculpteurs Dieudonné-Barthélémy Guibal et Paul-Louis Cyfflé.

Durival raconte la statue…

Au cours de ses diverses missions au service du Chancelier français La Galézière puis du duc de Lorraine Stanislas Leszczynski, Nicolas Durival tient un journal où il décrit le Duché, ses paysages et les grandes heures de son histoire.

Ce célèbre ouvrage, tenu de 1737 au 18 décembre 1795, consigne tous les événements urbains et politiques du règne de Stanislas. Durival s’est notamment attaché à raconter la construction de l’ensemble architectural, les dernières étapes de fabrication de la statue de Louis XV et son arrivée à Nancy.

Ce manuscrit fait l’objet pour les années 1765-1766 d’une édition électronique, proposée par les Bibliothèques de Nancy et agrémentée  de notes historiques, de cartes et d’images, consultable sur www.journaldedurival.fr 

15 Juillet 1755
« La statue pédestre de Louis XV de onze pieds de proportion a été coulée à Lunéville à 7 heures du soir en trois minutes.»

16 Novembre 1755
« La statue part de Lunéville à 8 heures et demie du matin, trainée par 32 chevaux et arrivée à 8 heures du soir à la porte Saint Georges. »

 « On l'introduit dans Nancy le lendemain 17. »

« Et le 18 à midi, elle est posée sur le pied d'estal sur les degrés duquel étaient déjà 3 des 4 figures qui accompagnent. »

26 Novembre 1755
« Erection de la statue pédestre de Louis XV sur la Place Royale de Nancy. La cérémonie s'en fit à 2 heures après midi »

Inauguré en grandes pompes le 26 novembre 1755 en même temps que la place, l’ouvrage en bronze mesure 4,66 mètres et représente le monarque debout, vêtu à l’antique, tenant un bâton de commandement, le visage tourné vers l’Ouest et précisément Paris.

Le socle, toujours présent aujourd’hui, était alors orné de bas-reliefs et de statues allégoriques représentant la Prudence, la Justice, la Force et la Clémence. L'emmarchement était entouré de grilles de Jean Lamour, supprimées en 1958 lorsque la place devient parking.

La statue de Louis XV, signe ostentatoire de la monarchie, subit comme le reste des décors les tourments de la Révolution. Pour tenter de la sauver, on l’enterre au pied de son socle. Mais elle finira par être exhumée pour être fondue.

Débaptisée, la place Royale devient place du Peuple, avant d’être rebaptisée place Stanislas en 1831. Et depuis, c’est la statue de Stanislas, œuvre de Jacquot, qui partage le quotidien des Nancéiens.

Le saviez-vous ? Dans le projet initial de l’ensemble du XVIIIe siècle, une des trois places était dédiée à saint Stanislas. Il s’agit de la place d’Alliance. Elle aurait pu accueillir une statue de Stanislas, mais en 1756, c’est une fontaine symbolisant l’Alliance entre la France et l’Autriche que l’on décide d’ériger en ce lieu. 

#13 / Découvrez… et Boffrand inspira Héré

L’Hôtel de Craon, actuelle Cour d’appel de Nancy, a été construit par Germain Boffrand au début du XVIIIe siècle, quarante ans avant l’ensemble édifié par Emmanuel Héré. Et si Boffrand avait inspiré Héré ? Passons à la loupe cette magnifique façade…

Édifié sur la place de la Carrière à la demande du duc Léopold pour Marc de Beauvau-Craon, l’Hôtel de Craon, pourrait presque aujourd’hui passer inaperçu tant il fait partie du paysage architectural de la place. Pourtant, en 1713, à son achèvement, l’hôtel apparaît comme un bâtiment prestigieux et moderne, dénotant parmi les constructions anciennes et disparates datant de la Renaissance. Sa façade élégante, rigoureuse et équilibrée, s’élève sur trois niveaux d’où se détache un avant-corps central rythmé de pilastres corinthiens. L’avant-corps est, à l’origine, couronné d’une balustrade et de pots à feu. De magnifiques ferronneries décorent les balcons et portent les « chiffres » de la famille de Beauvau-Craon en forme de deux « C » entrelacés.

Lorsque Stanislas demande à Héré de relier les deux villes, il attend de lui une architecture à la hauteur de son ambition. Héré va alors s’inspirer de son ancien maître et l’hôtel de Craon lui servira de modèle.

Dans un premier temps, entre 1752 et 1753, Héré s’atèle à la construction de l’Hôtel de la Bourse des Marchands (actuel tribunal Administratif), de façon quasi identique, juste en face de l’Hôtel de Craon. Ce chantier va constituer le point de départ de l’harmonisation des façades de la place de la Carrière telle qu’on la connaît aujourd’hui. Dans un souci d’unité, Héré retire la balustrade qui surmonte le bâtiment de Boffrand, pour la remplacer par une haute toiture d’ardoise, accordant par un effet miroir les deux bâtiments dans la perspective symétrique de la Carrière. Jean Lamour sublime l’édifice par un élégant travail de ferronnerie sur le balcon  où s'inscrit LA-BO-UR-SE et la fine silhouette de saint Michel, une balance à la main (symbole de rectitude).

Mais l’influence de l’Hôtel de Craon sur l’architecture développée par Héré ne s’arrête pas là. En 1755, à l’inauguration de la place Royale (place Stanislas), les Nancéiens découvrent une architecture entièrement surlignée de la fameuse balustrade ornée de pots à feu. Les façades des pavillons comme celles de l’Hôtel de Ville, s’élèvent également sur trois niveaux et sont rythmées de pilastres. Les balcons arborent des grilles en fer forgé portant cette fois les chiffres du roi de France et ceux de Stanislas.

Toutes ces similitudes font qu’aujourd’hui l’Hôtel de Craon, seule construction du XVIIIème siècle antérieure à Stanislas, fait définitivement partie de l’ensemble du XVIIIe siècle en se fondant parfaitement dans son environnement bâti.

Plus qu’une simple façade, un véritable modèle !

#12 / Découvrez… la place avant la place

Aujourd’hui, la place Stanislas et tout l’ensemble du XVIIIème siècle rayonnent à travers le monde entier et illuminent chaque jour les yeux de chacun d’entre nous. Pourtant, avant de devenir le plus beau fleuron de la ville et la fierté des Nancéiens, l’espace où s’est développé l’ensemble du XVIIIème siècle avait un tout autre visage… À quoi ressemblait Nancy avant l’émergence des « trois places » ? Que trouvait-on «  à la place de la place » ?

Avant les travaux rêvés par Stanislas et concrétisés par Emmanuel Héré, Nancy est divisée en deux villes. D’un côté, la ville médiévale, aux rues étroites et sinueuses : la Ville Vieille. De l’autre, une ville plus moderne, construite à la Renaissance sous l’impulsion de Charles III, aux rues larges et parallèles, s’organisant en damier : la Ville Neuve.

Entre ces deux villes fortifiées et séparées par un fossé en eau, une vaste esplanade où, entre autres, le pilori se tenait avant le règne du duc Léopold.

 « Ce pilori que le peuple nommoit jalande, étoit une espèce de cage ronde, de six pieds de haut sur 3 pieds de diamètre, garnie de gros barreaux de bois, soutenue par un pivot comme celle des ecureuils. On y mettoit quelquefois jusqu'à 3 et 4 filles que les écoliers, en sortant du Collége, faisoient tourner sans cesse au point de leur faire vomir le sang. » - (J.J. Lionnois, Histoire des villes vielle et neuve de Nancy, depuis leur Fondation jusqu'en 1788, Nancy, Hæner père, 1811, t.2, p.79)

Tout comme aujourd’hui, cet espace était très fréquenté ! En effet, déjà, cet immense terrain vague et humide était un lieu où tout le monde se bousculait…. La porte, protégée par le Bastion d’Haussonville (sous l’actuel Musée des Beaux-Arts) et seul point de passage entre les deux villes, est très souvent encombrée. Associée à un pont étroit enjambant les fossés, elle constitue un véritable goulot d’étranglement, qui rendait la circulation un peu difficile. Un peu plus tard, Léopold ordonne l’ouverture de la Porte Royale, et la construction d’une chaussée qui permettait une circulation plus fluide sur la future place où quelques constructions ont gagné sur la zone d’usage quasi-militaire.

Au-delà de la porte, en Ville Vieille, l’actuelle place de la Carrière portait déjà ce nom ! Créée au XVIème siècle, la place neuve de la Carrière présentait toutefois un aspect bien différent. Dès sa création, elle est le lieu des tournois, joutes et autres activités équestres. Mais à l’origine, on ne trouve pas d’alignement d’arbres et les hôtels particuliers qui la bordent ne présentent aucune unité architecturale. Il y régnait même un certain désordre ! Au bout de la place, à l’emplacement de l’ancien palais ducal, le projet inachevé du «Louvre » de Boffrand sert de fondation au futur palais du Gouvernement.

La place d’Alliance, est construite à l’Est de la ville, sur un terrain servant de jardin potager aux ducs, aménagé sur un ancien bastion démantelé en 1698. Tout ce quartier, aujourd’hui dense et minéral, était un espace de verdure, aéré, dégagé, ouvert. C’était aussi la dernière limite de la ville à l’est, et au-delà des dernières fortifications, on ne trouvait que des champs et des prairies.

Tout cela a bien changé …

D’un coup de maître, Emmanuel Héré, sous l’impulsion de Stanislas, a réussi le pari de réunir les deux anciennes villes pour n’en faire plus qu’une, cohérente et harmonieuse.

#11 / Découvrez... l'origine de la création des écoles municipales

Prosper Morey

1872 : École maternelle du Montet ; Ecole primaire du Montet

1873 : École élémentaire Trois-Maisons (ancienne Fontenoy)

1874 : École élémentaire Stanislas

1877 : École maternelle Saint-Georges ; Ecole primaire Saint-Georges

1882 : École maternelle de Boudonville ; Ecole primaire de Boudonville

Albert Jasson

1882 : École élémentaire Jules Ferry

1887 : École élémentaire Ory

1889 : École maternelle Stanislas

1891 : École maternelle Marcel Leroy ; Ecole élémentaire Marcel Leroy

1897 : École maternelle Charles III

1902 : École maternelle Jean Jaurès ; Ecole élémentaire Jean Jaurès

1908 : École élémentaire Braconnot

1910 : École maternelle Charlemagne ; Ecole élémentaire Charlemagne

1910 : École  maternelle Tiercelins

1910 : École maternelle Trois-Maisons

1911 : École maternelle Emile Gebhart ; Ecole élémentaire Emile Gebhart

#10 / Découvrez... un jardin d’hiver pas comme les autres

Les vacances se terminent, et certains vont reprendre le chemin de l'école. Aussi, un bref historique sur l'évolution des écoles municipales de Nancy est de rigueur en cette fin d'été.

Après 1870, Nancy connaît un essor sans précédent où migrent de façon conjuguée les réfugiés des zones occupées et aussi tous ceux attirés par les nouvelles opportunités de travail. Ainsi, en l’espace de trente ans, la population passe de 60000 à 120000 habitants.

En réponse à cette explosion démographique, l’urbanisation s’intensifie et Nancy se dote d’équipements modernes. Mais, dans ce paysage en pleine mutation, les écoles publiques se comptent encore sur les doigts de la main. 

Plusieurs déclencheurs conduisent à lancer un remarquable chantier de construction d’établissements scolaires.

Entre 1870 et la première guerre mondiale, plusieurs milliers d’enfants sont à scolariser. Outre l’accroissement démographique, le besoin en établissement scolaire devient une priorité lorsqu’en 1882, Ferry rend l’instruction des enfants de 6 à 13 ans définitivement obligatoire. De plus, l’avancée de la laïcisation amène en 1904 à interdire aux congrégations religieuses le droit d’enseigner, ce qui a pour effet la fermeture d’établissements privés, et d’augmenter le nombre d’élèves.

Au total, la municipalité ouvre 24 écoles maternelles et primaires et offre ainsi l’opportunité à tous d’accéder à l’enseignement.

Deux architectes municipaux sont les maîtres d’œuvre de la grande campagne de construction d’écoles. Prosper Morey, grand prix de Rome et architecte des monuments historiques de la Meurthe - mieux connu à Nancy pour la construction de la basilique Saint-Epvre -, entre à la Ville en 1850  et se charge de 11 écoles (dont 3 sont lancées avant 1870). On lui doit notamment l’école Saint-Pierre (aujourd’hui Émile Gallé), Fontenoy, Saint-Georges et Boudonville.

À sa suite, à partir de 1881, Albert Jasson – architecte de la salle et galerie Poirel - en réalise 15 autres dont les écoles Ory, Marcel Leroy, Braconnot, Charlemagne, Tiercelins et Gebhart.

Ces établissements existent toujours, certains ont été transformés, modernisés ou ont évolué dans leurs fonctions. Ce qui fait qu’aujourd’hui, sur les 45 écoles publiques municipales couvrant le territoire de Nancy, et qui accueillent dorénavant 8700 élèves, la moitié date de cette période effervescente.

Souriez, c’est la rentrée !

Inspirée du style Art nouveau, c’est une véranda singulière que nous vous proposons de découvrir cette semaine : le jardin d’hiver de la maison Schott, sublime mélange de couleurs et de lumières.

Du côté du quai Choiseul, au numéro 6, se trouve une maison à l’allure discrète. Derrière ses murs, se cache un petit trésor d’architecture.

Venue d’Alsace après la défaite de 1870, la famille Schott fait l’acquisition de la maison puis lance à la fin du siècle une campagne de travaux de restructuration et d’extension. À la façade sur rue d’une grande simplicité, s’oppose sur l’arrière une façade plus ouvragée, décorée par une alternance de briques rouges et blanches. À l’intérieur, l’influence de l’École de Nancy se fait sentir, notamment au travers des peintures de liserons et de feuilles de vigne qui ornent les murs. Monsieur Schott entend faire de ces transformations le signe ostentatoire de sa réussite. Et c’est dans l’aménagement d’un jardin d’hiver qu’il va concentrer ses efforts.

Contrairement aux vérandas habituellement adossées aux maisons, le jardin d’hiver constitue une pièce à part entière, portée par des montants maçonnés, protégée par une toiture et aménagée au-dessus d’une cave où un chauffage est installé. Des grilles ouvragées fichées dans le sol, paré de carreaux de ciment aux motifs polychromes, réchauffent la pièce en hiver. Pour parfaire la décoration, M. Schott fait appel au maître verrier Antoine Bertin (1834-1904). Si sa technique reste traditionnelle (verre simple et verre gravé à l’acide), les motifs sont assurément ancrés dans la période.

Réalisées en 1900, les fenêtres s’habillent de fleurs dont les espèces sont choisies parmi les essais d’hybridation de l’époque. Iris, tulipes, capucines et clématites s’entremêlent à des motifs enrubannés. Les différentes espèces de plantes sont facilement reconnaissables, ce qui en fait un autre point commun avec l’École de Nancy.

Pour la qualité de l’ensemble, où M. Schott a laissé en signature un monogramme avec ses initiales, l’ouvrage est inscrit sur la liste des monuments historiques depuis 2009.

La maison Schott se visite uniquement sur rendez-vous au 06 75 75 68 94.

#9 / Découvrez... la renaissance d’un ancien quartier industriel

Depuis 20 ans, le quartier Rives de Meurthe ne cesse de se renouveler. Restructuré, repensé, réaménagé, il cache derrière lui un passé industriel intense dont il reste encore plusieurs empreintes. Mais quelle est l’histoire de ce quartier ?

Il y a plus de 150 ans : la conquête d’un territoire à vocation industrielle.

Au XIXe siècle, deux éléments majeurs contribuent à l’essor de ces terres situées à l’est de Nancy : la construction du canal de la Marne au Rhin en 1849, ainsi que l’ouverture d’une voie ferrée en 1881 reliant Champigneulles à Jarville, destinée au fret et desservie par la gare Saint-Georges.

De nombreuses entreprises viennent y trouver une nouvelle terre où développer leur activité. Le lieu, bordé par la Meurthe, présente alors de nombreux avantages. Il offre la force motrice des machines-outils, l’eau dont certains processus de fabrication ont besoin, ainsi que la voie fluviale pour le transport des marchandises.

Venue de Metz, la famille Vilgrain installe une minoterie sur une zone où des moulins sont attestés dès le Moyen Âge. En 1912, Louis Vilgrain confie à son gendre, l’architecte Pierre Le Bourgeois, la construction d’une usine équipée d’électricité qui deviendra les « Grands Moulins de Paris » (le bâtiment actuel a été reconstruit en 1946 par Jacques et Michel André).

Jean Daum, notaire de profession à Bitche, rachète la verrerie Sainte-Catherine en 1878. La manufacture va prendre son essor grâce aux talents conjugués de ses fils Augustin, le gestionnaire, et Antonin, le créatif. Elle se trouve dans l’actuelle rue des Cristalleries.

Les Fruhinsholz quittent l’Alsace pour relancer l’entreprise familiale de tonnellerie à Bayon puis à Nancy en 1888. L’entreprise prospère et exporte dans le monde entier. Un de ses foudres - le plus grand tonneau du monde d’une contenance de 433 000 litres -, sera exposé à la Grande Exposition de Paris de 1900. En 1958, l’entreprise est rachetée par Nordon. De la période Fruhinsholz, il reste aujourd’hui la maison familiale transportée pierre par pierre d’Alsace (Nancy, 78 avenue du XXe corps) et la cité Fruhinsholz destinée au logement des ouvriers (Tomblaine).

En 1887, s’ouvre, à l’extrémité de la rue des Tiercelins, la première centrale électrique qui fait de Nancy une des pionnières en France. L’alimentation est pour l’essentiel réservée aux usines. En 1898, la Compagnie Générale Électrique - mieux connue aujourd’hui sous le nom d’Alstom - reprend l’entreprise pour l’installer rue Oberlin.

Outre ces grands noms, de nombreux autres métiers ont animé depuis cette bande de terre comprise entre le canal et la Meurthe tels que la première manufacture de tabac, la taille de pierre, ou les tanneries…

Une renaissance engagée depuis 20 ans.

Aujourd’hui, les lieux ont changé d’usages pour devenir des espaces de vie, de résidence, d’études et de villégiature, et certains bâtiments ont trouvé une nouvelle destination.

Ainsi, les Archives municipales occupent le site de l’ancienne manufacture de chaussures Spico (Spire et Coblentz).

Le long du canal, deux silos à grains transformés en appartements témoignent encore des moulins.

Dans l’impasse Bazin, où se trouvaient des tanneries, quelques façades ont gardé le tracé des anciens séchoirs à peaux.

L’île du Foulon (Tomblaine), île artificielle créée au XIIIe siècle, supportant moulins puis usines, est aujourd’hui un lieu labellisé Espace Naturel Sensible.

Les anciens chemins de halage (destinés à la traction des bateaux par des chevaux) sont aménagés pour les promeneurs sur une boucle de 14km.

Le plan d’eau de la Méchelle et le Bras Vert - qui permet de réguler les crues de la Meurthe - sont réservés aux activités nautiques.

Le port Saint-Georges est dorénavant un port de plaisance qui fait face aux Jardins d’eau.

En route vers l’innovation.

Le site des anciens abattoirs, boulevard d’Austrasie, sur lequel sont déjà implantés la salle de concerts L’Autre Canal et le Technopôle Renaissance, continue aujourd’hui sa reconquête avec le projet de la future Pépinière culturelle et créative.

La Ville de Nancy innove au cœur du quartier avec les acteurs de la culture, de l’économie, de la formation et du numérique. Cap sur 2019/2020 : 5250 mseront dédiés à la création artistique, aux échanges et à l’expérimentation.

#8 / Découvrez... la gourmande histoire du macaron de Nancy

Comment le jeu des alliances politiques a contribué à créer ce qui va devenir une des spécialités de Nancy : le macaron.

L’histoire de Nancy s’est construite sur les échanges qu’elle a entretenus avec de nombreux pays, et particulièrement avec l’Italie, au point qu’ils ont marqué sa culture et son territoire.

Ainsi, on retrouve l’influence italienne dans de nombreux domaines : de l’élévation des fortifications bastionnées (bien avant que Vauban ne les reconstruise), en passant par les voyages de nos artistes en quête d’inspiration ou de formation auprès des maîtres italiens - Callot, Deruet, Claude Gellée (parti à Rome comme pâtissier, il y apprend la peinture auprès de Tassi) ou plus tard Isabey - , jusqu’aux alliances politiques et familiales qui ont aidé à la construction de l’État ducal.

C’est de cette circulation incessante que sont arrivés en Lorraine la bergamote et aussi le macaron.

En ce qui concerne cette célèbre pâtisserie - dont plusieurs villes s’arrachent la paternité au point qu’on la croit française - il a fallu attendre l’arrivée de Catherine de Médicis et son rôle primordial dans le raffinement de notre gastronomie.

Venue en France pour épouser le futur roi, Henri II, la Duchessina est accompagnée de cuisiniers et pâtissiers florentins. Apparaissent alors, sur la table royale, des légumes méconnus (haricots, artichauts, brocolis,…), de nouvelles recettes salées (quenelles, blanquette…) ou sucrées (confitures, nougat, pain d’épices…et macarons) et surtout un certain art de l’élégance, dont l’usage de la fourchette.

En Lorraine, on évoque le petit gâteau à base d’amande, de sucre et de blanc d’œuf, à l’époque de l’abbesse de Remiremont, Catherine de Lorraine, fille du duc Charles III et petite-fille de Catherine de Médicis.

La stricte observance interdisait la consommation de viande à laquelle on substituait celle de l’amande pour ses qualités nutritives (de la même façon le gâteau, lui aussi à base d’amande, appelé Visitandine, a été créé par les sœurs de la Visitation).

Le macaron devient véritablement celui « de Nancy » à la fin du XVIIIe siècle. En 1792, la Révolution française supprime les congrégations religieuses. Deux sœurs issues de la communauté des Dames du Saint Sacrement, pour subvenir à leurs besoins, se lancent dans la production du gâteau moelleux à l’intérieur et craquelé à l’extérieur. Le succès s’en suit rapidement et leur vaut le surnom de sœurs Macarons.

La maison du Docteur Gormand, où elles sont recueillies, se trouve au 10 rue de la Hache, aujourd’hui rue des Sœurs Macarons.

#7 / Découvrez... quel est le lien entre le parc Sainte-Marie et la tour Eiffel ?

Une histoire à raconter digne des meilleurs jeux de société. À vous d’épater famille et amis en dévoilant cette mystérieuse parenté.

Le parc Sainte-Marie, dont la Ville vient de faire l’acquisition, devient en 1909 un haut lieu d’attraction et d’effervescence en accueillant, pendant 6 mois, l’Exposition Internationale de l’Est de la France. L’endroit, choisi pour sa proximité avec la gare, est spécialement réaménagé à cette occasion. De nombreux arbres sont abattus et des allées sont redessinées (tracé qui n’a d’ailleurs presque pas changé depuis).

Dans cet écrin de verdure, le chantier est colossal. En un an, aménagements et pavillons sont édifiés. Le nombre d’exposants oblige à déborder largement des limites du parc. On compte sept Palais, une trentaine de pavillons et kiosques ainsi que deux villages et une ferme reconstitués.

Pour ce début de siècle, l’Exposition Internationale de l’Est de la France est une véritable démonstration de la prospérité économique, industrielle et artistique de la Lorraine et de la France. Les visiteurs, dont la fréquentation atteint les 2 millions, découvrent toutes les nouveautés en matière de métallurgie, de textile, d’alimentation, des transports, de génie civil. Attractions et festivités font également partie du programme. Que ce soit dans la construction et les décors des bâtiments ou dans nombre des œuvres exposées, on retrouve la signature des architectes et des artistes de l’École de Nancy. Un pavillon leur est spécifiquement dédié. Cette date marquera pourtant la dernière présentation collective du mouvement.

Mais revenons à notre question initiale. Pour cela, il faut se tenir à l’entrée principale de l’Exposition rue Jeanne d’Arc. Pour pénétrer sur la grande allée (future avenue Boffrand), le visiteur doit franchir une porte monumentale, en forme d’arc, entièrement assemblée d’éléments métalliques, flanquée de deux pylônes de 23 m de haut. Cette impressionnante œuvre d’art est la création de la société anonyme des Hauts-Fourneaux, Forges et Aciéries de Pompey.

Pour la qualité de ses aciers, un fer puddlé souple et résistant, Eiffel avait convenu de se fournir auprès de l'usine pour toutes ses réalisations. Ainsi, 20 ans plus tôt, Pompey a produit les 8000 tonnes de poutrelles et rivets qui ont servi à la construction de la tour Eiffel.

De tout ce faste, il ne subsiste que peu de traces, sauf la maison alsacienne et le kiosque à musique. C’est là qu’aujourd’hui, durant l’été, il vous invite tous les dimanches pour un concert gratuit.

#6 / Découvrez... un parc à la Belle Époque

À la Belle Époque, bien plus qu’un parc, la Cure d’Air est un véritable lieu de rencontre et de loisirs que nous vous proposons de découvrir.

En 1901, sur la colline du Haut-de-Chèvre, dans un lieu encore peu urbanisé, s’ouvre une maison de convalescence et de repos entourée d’un parc verdoyant.

Dans cette période en pleine mutation économique, culturelle, démographique et industrielle, la recherche d’espace reposant où l’on peut se repaître d’un bol d’air sain est de bon usage. Ainsi, autour de Nancy voit-on apparaître plusieurs lieux de détentes installés sur les hauteurs que l’on baptise « cures d’air » telles que la cure d’air « Trianon » à Malzéville (1903) ou « La Ronchère » à Houdemont (1908).

Mais revenons à la cure d’air nancéienne « Saint-Antoine ». À plus de 300 m d'altitude, le site qui offre une vue panoramique inégalée sur la ville et la campagne environnante, devient très vite prisé des Nancéiens. Autour de la maison de convalescence et de repos, tout est fait pour se distraire. Un hall-buvette en bois permet de se restaurer, boire et danser. Dans le parc, de nombreux espaces de jeux sont aménagés. Ainsi, piste à patin à roulettes, balançoires, tape-cul, tourniquet, vindas, croquet, jeu de quille, tennis et un théâtre de guignol font la joie des petits et des grands.

De toutes, la plus grande attraction va être la construction du funiculaire électrique qui permet de rejoindre le parc au départ de la rue de la Côte (en face de la rue Notre-Dame-Des-Anges). Malheureusement, un tragique accident mortel (une morte et sept blessés) survient le 31 Mai 1908, et mit un frein à cet engouement populaire sans pour autant interrompre son fonctionnement.

La première guerre mondiale aura finalement raison du parc et de l’établissement. Tour à tour, il deviendra le couvent des Sœurs de la Visitation (1921), puis l'ENACT (1991) et actuellement l’école de Condé (1998).

Aujourd’hui, le parc qui a la particularité de posséder de nombreux arbres fruitiers, offre toujours le même panorama spectaculaire sur la ville de Nancy.

Retrouvez plus d'informations sur le site de l'association des Amis de la Cure d'Air.

#5 / Découvrez... une autre école de Nancy

Rue de Strasbourg, dans le parc Olry, le buste d’Ambroise Liébeault nous rappelle que Nancy a eu une autre école qui porte son nom.

Véritable poumon vert sur un axe urbain à forte fréquentation automobile, le parc Olry - aménagé sur une propriété qu’Achille Olry, amateur de botanique, cède à la Ville de Nancy - ouvre ses portes en 1924.

Au détour d’une allée, un buste en bronze, monté sur un piédestal, retient l’attention. Il y est écrit « Au Dr Liébeault 1823-1904, Chef et fondateur de l’école d’hypnologie de Nancy ».

Mais qui est le Dr Liébeault ? Et quelle est cette école de Nancy ?

Après avoir pratiqué la médecine traditionnelle à Pont-Saint-Vincent, Ambroise Liébeault ouvre en 1864, à Nancy, une clinique de guérisseur magnétiseur, où il propose des soins sous état hypnotique. Longtemps ignorés par le corps médical, ses résultats étonnants suscitent l’intérêt du professeur Hippolyte Bernheim. De cette rencontre déterminante naît l’école de Nancy dont la renommée ne tarde pas. De nombreux praticiens et chercheurs, parmi lesquels on compte Emile Coué ou Sigmund Freud, se déplacent à Nancy pour observer les travaux de suggestion verbale et leurs diverses applications thérapeutiques. Nancy contribue, avec l’école de la Salpêtrière à Paris, à l’âge d’or de l’hypnose.

Mais pour revenir au parc, nul besoin de la méthode Coué pour se persuader des bienfaits d’une flânerie dans ce jardin ombragé.

#4 / Découvrez... un petit lexique de Botanique

Derrière le Muséum Aquarium, un jardin aux accents botaniques s’ouvre au public.

Dans des parterres sagement ordonnés, la collection de plantes se présente en plates-bandes. Certaines sont réservées aux essais de nouveaux cultivars. Dans d’autres, on peut découvrir les plantes qui composent le fleurissement de la ville.

Existant depuis le XVIIIème siècle, le parc s’est enrichi au cours des époques : d’abord des espèces du jardin botanique de Pont-à-Mousson, puis d’essences venues d’Égypte, de la Réunion, et de plantes rares de la Malmaison, offertes par Joséphine de Beauharnais.

Au milieu du parc, une fontaine est dédiée à Jules Crevaux, explorateur lorrain mort sur les bords du Río Pilcomayo, en Argentine.

Autrefois jardin royal des plantes, le parc ne garde aujourd’hui qu’une vocation pédagogique depuis qu’une partie de ses collections a été transférée au Jardin du Montet de Villers-lès-Nancy à partir de 1975.

Véritable vitrine du savoir faire des jardiniers de la Ville, le jardin Alexandre Godron est un lieu de promenade enrichissant, idéal pour admirer la floraison d’une large palette d’essences végétales.

#3 / Découvrez... un jardin inspiré

Du mercredi au dimanche vous avez la possibilité de flâner gratuitement dans le jardin du musée de l’École de Nancy et d’y découvrir les insectes et les plantes qui ont si remarquablement inspiré les artistes de l’Art nouveau.

À deux pas du parc Sainte-Marie, rue Blandan, un autre jardin public s’offre aux visiteurs. Il s’agit du jardin du musée de l’École de Nancy. Ouvert aux mêmes heures que le musée, ce jardin est libre d’accès.

Dans cette ancienne propriété d’Eugène Corbin, mécène et amateur d’Art nouveau, on découvre une collection de plantes qui ont inspiré les artistes de cette période comme l’emblématique Berce du Caucase, ainsi que des végétaux issus de la recherche horticole nancéienne (lilas, anémones, hortensias…).

On y trouve également quelques curiosités telles que l’ancienne porte des ateliers Gallé, installée là en 1964, sur laquelle est gravée la citation « Ma racine est au fond du bois », ou l’aquarium, petit édifice rond surmonté d’une terrasse d’où la famille Corbin pouvait contempler son jardin. L’architecte, Weissenberger, avait prévu au sous-sol un bassin communiquant avec le bassin extérieur, et au rez-de-chaussée, des aquariums habillant les fenêtres, dont les vitraux installés en partie haute prolongent la thématique aquatique.

#2 / Découvrez... un jardin secret

Bulle de calme et de fraîcheur, le jardin de la Citadelle offre au visiteur un lieu discret en plein centre-ville

C’est au 47 rue Henri Deglin, en empruntant une petite porte aménagée dans les remparts de la Ville Vieille, que l’on accède à un jardin discrètement implanté sur les hauts de la fortification.

Protégé des regards par le mur d’enceinte qui encadre la porte de la Citadelle, construite en 1598 par Charles III, ce havre de paix est aménagé comme un jardin des simples aux inspirations Renaissance.

Dans de petits carrés cernés de buis, on y trouve des plantes médicinales ou aromatiques, tandis que le parfum des roses anciennes ou du chèvrefeuille embaume l’air. De grands arbres ombragent les bancs qui invitent au repos.

Propriété du Rectorat de l’académie de Nancy-Metz, la Ville de Nancy assure l’aménagement et l’entretien du jardin  en échange de son ouverture au public.

#1 / Découvrez... la fontaine Wallace

Les fontaines Wallace, vous connaissez ? Symbole iconographique de la ville de Paris, on en trouve également dans certaines villes de province. Mais peu de personne savent que Nancy en possède une elle aussi !

C’est à Sire Richard Wallace, généreux philanthrope britannique, que l’on doit ces petits édicules ornés de quatre cariatides. Dans les années 1870, alors que la distribution de l’eau dans la capitale est une question de santé publique, il a voulu faciliter l’accès à l’eau potable à tous et après en avoir conçu la forme, en a offert une cinquantaine à la ville de Paris.

Plusieurs modèles sensiblement différents existent aujourd'hui. Mais ces « brasseries des quatre femmes », telles qu’elles ont été appelées alors, se reconnaissent toutes aux quatre personnages féminins supportant une coupole ornée de dauphins, personnifiant à la fois les quatre saisons et les quatre vertus (la bonté, la simplicité, la charité et la sobriété).

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