Nancy en transition écologique

Nancy a lancé en 2018 une démarche de transition écologique, avec l'objectif de changer la ville à l'horizon 2030.

L'actualité de la transition écologique

Affichage des résultats 6 à 4 sur 4 au total.

S'abonner au flux RSS des actualités

2018, année de la Transition Écologique

Le 13 novembre 2017, 15 000 chercheurs du monde entier, dans le cadre d’une tribune intitulée Il sera bientôt trop tard, ont mis en garde l’humanité contre son mode de vie accusé de « pousser les écosystèmes au-delà de leur capacité à entretenir le tissu de la vie ».

Considérant la teneur dramatique de cet appel, considérant également la qualité des savoir-faire présents sur le territoire et la densité des opérations de développement durable lancées par la Ville de Nancy et la Métropole du Grand Nancy depuis plus de 15 ans, le maire de Nancy a souhaité que la collectivité prenne sa part dans le défi planétaire que représente l’urgence écologique en imaginant, avec les Nancéiens et l’ensemble des forces vives, une rupture et un nouveau modèle pour les politiques publiques locales.

En effet, qui, mieux que les élus locaux, peut dire que le postulat écologique doit commander l’agenda politique ? Si les maires, symboles de l’action publique de proximité, ne s’engagent pas davantage pour soutenir les citoyens, entreprises, associations et artistes déjà en mouvement, comment répondre collectivement à l’urgence environnementale ? 

Pour toutes ces raisons, 2018 a été l’année de lancement de la démarche de Transition Ecologique de la Ville de Nancy.

Pendant un an, en associant experts, citoyens, associations, entreprises et pouvoirs publics, les services de la Ville de Nancy, ses partenaires et les habitants ont été mobilisés, au travers d’une large concertation, pour imaginer et construire de façon collégiale la feuille de route permettant de changer la ville à l’horizon de 2030

À cette échéance, le bassin de Nancy devra être un territoire exemplaire sur le plan des mobilités, de l’alimentation, de la biodiversité, de l’énergie et des déchets.

Marquée à la fois du sceau de l’humilité, car Nancy n’est qu’une infime part de ce défi planétaire, de l’ambition, car l’équation écologique ne se résoudra que par l’action politique et la mise en mouvement de l’ensemble des territoires, et de la solidarité.

Quand l'urgence écologique appelle une nouvelle action publique

Les sociétés contemporaines reposent dans leur grande majorité sur un modèle de développement et de croissance qui conduit à une surconsommation d’énergie, en particulier les énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole). Polluantes, non renouvelables, finies et fortement émettrices de gaz à effet de serre (GES), elles ont été progressivement reconnues par le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'évolution du Climat (GIEC) depuis 1988 – date de sa création - comme responsables du réchauffement climatique, dont les conséquences se mesurent d’année en année. 

Ce modèle de civilisation est synonyme d’abondance mais aussi d’excès, de gaspillage et de pollution de l’air, des sols, des océans et des cours d’eau. Il dégrade l’environnement et la biodiversité et menace nos ressources vitales élémentaires. 

La situation du monde est souvent résumée ainsi : si tous les habitants de la Terre vivaient comme un citoyen américain ou, dans une moindre mesure, européen, il faudrait plusieurs planètes pour vivre et subvenir à nos besoins, les ressources naturelles et la Terre elle-même n’étant pas infinies.

Cette situation a conduit dans un premier temps, à la fin des années 1980, à la création du concept de « développement durable », qui s’est installé dans l’opinion d’une part, dans la sphère politique de l’autre, avec une gradation permettant de passer des premiers discours, en forme de prise de conscience, à la mise en place d’initiatives nationales ou internationales qui, pour l’heure, n’ont malheureusement pas permis d’inverser la tendance, au contraire.

La démarche de développement durable a conduit les pouvoirs publics, notamment les collectivités, à mettre en place des plans d’actions. Á Nancy, des initiatives nombreuses ont été prises, par exemple la suppression des produits phytosanitaires dans les parcs et jardins, la création de premiers tronçons en site propre pour les transports en commun, le déploiement du chauffage urbain, l’ouverture de pistes cyclables ou, plus récemment, la hausse de la part des circuits courts dans les restaurants municipaux, la reprise du parc automobile municipal, la baisse de la consommation d'énergie des bâtiments municipaux, les 3 000 plantations d’arbres depuis 2014, le tri sélectif, la résorption des fuites d’eau, le développement des espaces verts… 

Malgré cela, malgré la mobilisation citoyenne, malgré les initiatives et innovations des entreprises, notre modèle de société n’est pas plus sobre aujourd’hui qu’auparavant. Il appelle des ruptures dans l’inspiration, la conception et l’ambition des politiques publiques, pour imaginer un nouveau modèle et amplifier la mobilisation déjà en cours dans la société civile et le monde économique. 

Aujourd’hui, l’appel à Écologique ne procède plus uniquement d’une intuition ou d’un combat militant. Il est nourri et objectivé par une série de preuves scientifiques.

Ces preuves sont listées formellement dans la tribune publiée le 13 novembre 2017 par plus de 15 000 chercheurs de 184 pays, dans la revue Bioscience, et reprise par la presse française, fournit tous les éléments objectifs d’une situation qui se dégrade de manière alarmante.

Pour mémoire, cette tribune est le deuxième avertissement du genre, après l’appel du Sommet de la Terre à Rio en 1992, signé à l’époque par 1 700 chercheurs, et qui s’ouvrait sur un constat déjà sans équivoque : « les êtres humains et le monde naturel sont sur une trajectoire de collision ».

Reflétant une inquiétude qui traverse toutes les disciplines des sciences expérimentales, le texte de novembre 2017 pose un constat sans détour : « les tendances déjà inquiétantes en 1992 se sont aggravées, parfois plus vite que prévu. »

Quelques chiffres édifiants sont cités à l’appui. Ainsi, en un quart de siècle :

  • l’abondance d’animaux a chuté de près d’un tiers, avec « le déclenchement d’un phénomène d'extinction de masse, le sixième en 540 millions d'années »,
  • la courbe des émissions de gaz a effet de serre s’est envolée,
  • les forêts ont perdu 1,2 milliard de km²,
  • la démographie a explosé, avec 2 milliards d’êtres humains supplémentaires (+35% en 25 ans). 

Par ailleurs, l’eau s’est raréfiée de manière dramatique, puisque les ressources par habitant ont chuté de moitié en 60 ans.

Au-delà du choc émotionnel qu’il vise à provoquer, l’intérêt de ce texte provient des préconisations qui y figurent, au premier rang desquelles la nécessité d’une solution politique du problème. Ainsi, les scientifiques plaident pour une stratégie de Transition portée au meilleur niveau : « les transitions peuvent se dérouler de manières diverses, mais toutes exigent une pression de la société civile et un plaidoyer fondé sur des preuves, un leadership politique et une compréhension solide des instruments politiques, des marchés et d'autres facteurs. »

Du développement durable à la transition écologique

Qu’est-ce que la Transition Écologique ? Quelles sont ses différences avec le développement durable ? Quelles sont ses thématiques opérationnelles ? 

Dans la jeune histoire des politiques publiques environnementales, la Transition Écologique succède aujourd’hui au « développement durable », à l’instar de l’appellation du Ministère en charge de ces questions, désormais nommé Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire. 

Après trois décennies d’action publique placées sous l’égide du développement durable, qui n’ont pu inverser la tendance, une autre approche du problème environnemental se fait jour, enjoignant l’humanité à changer de modèle pour construire une société reconnectée à son milieu naturel, résolument économe en énergie, respectueuse de l’environnement et favorisant le renouvellement des ressources. 

Au cœur de ce processus de basculement d’un modèle à l’autre figure l’impératif  d’un processus graduel, un tel changement ne pouvant se faire d’un seul coup sous peine de compromettre les équilibres économiques et sociétaux. Voilà pourquoi la notion de transition, à la fois plus globale et plus ambitieuse, s’impose comme la nouvelle grille de lecture pertinente des politiques de défense de l’environnement.

Cette transition fait l’objet d’une définition officielle formulée par les services de l’État : « la transition écologique est une évolution vers un nouveau modèle économique et social qui renouvelle nos façons de consommer, de produire, de travailler, de vivre ensemble pour répondre aux grands enjeux environnementaux, ceux du changement climatique, de la rareté des ressources, de la perte accélérée de la biodiversité et de la multiplication des risques sanitaires environnementaux. »

Enfin, la Transition Écologique est une démarche inclusive et solidaire. Tous les secteurs d'activité et acteurs d’un territoire sont concernés et tout doit être fait pour sensibiliser et mettre à contribution : citoyens, associations, organisations professionnelles, administrations, enfants, actifs et retraités, dans les domaines énergétiques et économiques conventionnels mais aussi dans la santé, l'éducation, l'immobilier, le tourisme.

Sept thématiques d'action publique identifiées

Concrètement, pour une collectivité territoriale comme la Ville de Nancy, la Transition Écologique implique des accélérations, des ajustements et des ruptures dans les principes et objectifs de sept thématiques d’action publique : 

1. La transition énergétique, qui priorise l’efficacité énergétique, la sobriété énergétique et le recours prioritaire aux énergies renouvelables, notamment pour l’habitat et les transports. 

2. L'éco-mobilité, qui priorise les transports en commun, l’autopartage, le covoiturage, les plans vélo et piéton et les interconnexions multimodales. 

3. La préservation de la biodiversité, en repérant, en protégeant et en valorisant les espèces locales. 

4. L’urbanisme reconsidéré, s’appuyant sur la densification urbaine, la réduction des distances, les économies d'énergie, les espaces verts. 

5. La transition alimentaire, remplacement progressif de l’alimentation issue de l'agriculture industrielle, consommatrice d’énergie fossile par les multiples transferts et transformations qu’elle nécessite, par une alimentation issue de l’agriculture locale et biologique. 

6. La gestion des déchets : révolutionnaire, elle suppose de passer d’une logique de valorisation à une politique de réduction drastique, voire de suppression, associant tri, compostage et réutilisation des biens. 

7. La fiscalité : réorganisée, elle peut inciter aux économies d'eau, d'énergie et de matières premières, et à la réduction des déchets et des pollutions.

Ces sept thématiques ont structuré la concertation puis la feuille de route qui sera émise en fin de démarche, en synthèse de l’ensemble des contributions.

Les partenaires de la Ville de Nancy

La Ville de Nancy a conduit cette démarche de réinvention urbaine en partenariat avec : 

  • L'Université de Lorraine. Elle donne aux propositions politiques et citoyennes le cadrage scientifique indispensable, en diagnostiquant notamment l'état environnemental du territoire de Nancy aujourd'hui et en identifiant, avec ses laboratoires, les ressources que nous pouvons mobiliser pour notre avenir. 
    Un Conseil d'Orientation a été installé à la fin du mois de février 2018. Il est composé d'experts universitaires dans les disciplines concernées, de partenaires institutionnels et des élus. Il est chargé, autour des sept thématiques de la Transition Écologique, de poser un diagnostic sur la situation environnementale de Nancy, d'auditionner des acteurs et des grands témoins, de proposer des initiatives et de valider la feuille de route, avec des objectifs chiffrés et des recommandations d'actions et de projets. Il donne également son avis et son aval sur les actions proposées. Son travail est cadré par les sept chantiers de la Transition Écologique, qui sont autant de groupes de travail.
  • Cette année d'amorçage de la Transition Écologique a bénéficié également du soutien de la Caisse des Dépôts. Elle a pris une participation au fonds de financement qui a été créé par la Ville de Nancy pour abonder les projets publics et privés qui seront sélectionnés. Elle prendra également en charge une partie de l'Assistance à Maîtrise d'Ouvrage qui sera recrutée pour accompagner la collectivité, particulièrement dans l'écriture de la feuille de route 2019-2030.
  • La Métropole du Grand Nancy, enfin, est un partenaire essentiel, au regard des compétences qu'elle doit activer pour lutter contre la crise écologique et des politiques de développement durables menées depuis le début des années 2000.

La restitution

La conclusion se fera au moment du ROB 2019, avec la publication d'une feuille de route « Cap sur Nancy 2030, la ville écologique ».

Informations annexes au site