Le maire

L'annonce de l'assouplissement du confinement par le président de la République ne signifie pas pour autant que la crise est terminée. Pour Mathieu Klein, maire de Nancy et président de la métropole, il est primordiale rester vigilant et de tirer les enseignements du premier déconfinement. L'heure est à l'action collective.

Comment envisagez-vous la période qui s’annonce, et quels moyens seront mis en œuvre pour éviter qu’une troisième vague de l’épidémie ne réapparaisse ?

Une véritable course de fond s’engage. Il nous faut être attentifs à l’évolution de la situation sanitaire, éviter que l’épidémie ne reparte. Je souhaite pour cela un dépistage massif de la population qui nous permettra d’isoler correctement les cas asymptomatiques. Nous travaillons actuellement avec l’Agence Régionale de Santé, les médecins de la ville et le CHRU à une généralisation des tests à grande échelle. Je pense que les pays qui ont utilisé le dépistage comme outil massif sont ceux qui ont une meilleure maîtrise du virus. Par ailleurs, j'insiste pour que la politique de déploiement des tests soit faite sous autorité sanitaire. Ni la ville ni son maire ne peuvent se substituer à l'autorité sanitaire et, dans le cas d’un dépistage massif, la ville et la métropole mettront tous leurs moyens et équipements à disposition.

Pour réussir le déconfinement votre approche sera collective, de quelle manière envisagez-vous la mobilisation des différents acteurs économique et sociaux ?

Le pire consisterait à prendre des initiatives personnelles qui ne seraient utiles à personne, il faut tirer les leçons du premier déconfinement, en éviter les errements. Je suis dans une logique d’action coordonnée. Dès les premiers jours du confinement, j’ai mis en place les conditions d’un accompagnement du territoire et un travail formidable de terrain s’opère chaque jour par tous les acteurs : L’Agence Régionale de Santé, le CHRU, la Direction des Services Académiques des Services de l’Éducation Nationale, le Conseil Départemental, la Métropole, les CCAS des communes du Grand Nancy, l’État, la Région, les représentants des entreprises et des commerces. La coordination est permanente, les mesures et les actions essentielles sont décidées ensemble.

Concrètement comment cela se traduit-il sur le terrain notamment pour les commerçants et les artisans durement touchés par le confinement ?

Nous pilotons un vaste plan métropolitain pour les commerces ; il faut permettre aux commerçants et artisans locaux de disposer gratuitement des mêmes armes que les grands acteurs du commerce en ligne : une offre large et diversifiée, de l’efficacité, de la compétitivité. Dans cet esprit, l'ergonomie de la plateforme « achetezgrandnancy.fr » a été revue, avec plus de produits et plus de services. Les 400 commerces locaux qui la composent sont mieux identifiés, les frais de livraison sont à présent entièrement pris en charge par la Métropole.

Concernant le dispositif « Bons d’achat bonifiés » une nouvelle impulsion est donnée pour accompagner les fêtes de fin d'année et favoriser l'achat local. Enfin, depuis le 5 décembre, les transports en commun sont gratuits pour tous et facilitent l’accès aux commerces locaux.

La crise sanitaire fera basculer un très grand nombre de personnes dans la pauvreté, quel accompagnement proposez-vous aux populations ainsi fragilisées ?

Les chiffres sont terribles, en France, avec les conséquences de la crise, c’est un million de personnes qui s’ajouteraient au neuf millions vivant déjà sous le seuil de pauvreté. Face à ce constat alarmant, notre devoir en tant qu’élus est de veiller au maintien de la cohésion sociale avec tous les acteurs locaux, de venir en aide aux nouvelles précarités, celles qui touchent nos aînés, nos étudiants, nos familles, combattre l’isolement et lutter contre les violences, qui malheureusement ont augmenté depuis le confinement.

Pour aider nos jeunes, les premières victimes de l’effondrement économique, nous proposons toute une série de mesures, dont des aides financières accordées par la Métropole aux structures étudiantes et un fonds d’aide aux jeunes en difficulté. La Ville de Nancy recrute des étudiants à temps partiel pour effectuer des missions d’accueil périscolaire. Nous ne voulons pas d’une génération sacrifiée.

Pour nos citoyens les plus modestes, il y aura un gel des loyers OMH, également un fonds d’urgence temporaire pour le règlement de factures d’énergie ou de loyer.

Au début de notre échange, j’ai comparé la situation actuelle à une course de fond qui s’engageait, elle exige de chacun de nous une mobilisation sans faille, une attention constante, une prise de conscience collective, c’est à ce prix que nous pourrons contribuer à la construction d'une société plus juste qui permette à chacun de trouver sa place.

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