Santé, Gestion de crise

Mathieu Klein souhaite une accélération de l'approvisionnement du nombre de doses pour que les engagements soient tenus

Les personnes de plus de 60 ans représentent 181 000 personnes en Meurthe-et-Moselle. Une sur deux pourrait ne pas être vaccinée au 15 mai.

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« Lors de son allocution du 31 mars, Emmanuel Macron a promis une montée en puissance de la vaccination, rendue possible par de nouvelles commandes et de nouvelles livraisons, à une cadence plus soutenue. Or, à l'heure où la situation au CHRU devient critique (70 % de déprogrammation) et que le taux d'incidence continue d'augmenter fortement, force est de constater qu’à cette heure, le compte n’y est pas encore. 

Concrètement, au 30 mars :

  • 97 903 Meurthe-et-Mosellans ont reçu au moins une dose de vaccin ;
  • Au moins un tiers d'entre eux, soit 33 287 personnes, ont reçu deux doses ;
  • Il faudrait donc vacciner en théorie jusqu’au 15 mai, 64 616 personnes qui ont déjà reçu leur première dose, et 83 097 personnes nouvelles.

Aujourd'hui, les approvisionnements Pfizer (jusqu’au 10 mai) et Moderna (jusqu’au 3 mai) sur le département représentent :

  • 141 890 doses, dont 64 616 sont réservées pour les secondes injections.
  • Il reste donc 77 274 doses, soit 38 637 personnes vaccinables sur les 83 097 personnes nouvelles à vacciner.

Pour couvrir l'intégralité de la population de plus de 60 ans à deux injections au 15 mai, ce sont donc 80 000 doses de vaccins supplémentaires qui manquent dans notre département.

C’est à la condition de leur livraison qu’un mega-centre, susceptible de vacciner entre 1 000 et 2 000 personnes par jour, pourra être organisé.

Les données AstraZeneca ne sont ici pas prises en compte, du fait de l’absence d’indicateurs consolidés à l’échelle départementale des personnes vaccinées et vaccinables par leur médecin ou pharmacien. 10 000 doses ont été reçues dans les officines du département la semaine dernière. Ces chiffres ne tiennent en outre pas compte des professionnels de santé, des personnes avec comorbidités éligibles, et encore moins des professionnels de l’éducation, de l’enfance ou de la sécurité qui doivent pouvoir être vaccinées rapidement.

La vaccination représente, plus que jamais, la seule perspective de sortie durable de la crise sanitaire. Pour que les nouvelles mesures mises en place et les sacrifices qu’elles représentent soient utiles, la politique vaccinale doit absolument pouvoir s’accélérer, le rythme actuel restant très insuffisant. Alors accélérons oui, tout le monde le souhaite, mais maintenant respectons les engagements pris ! »

Mathieu Klein
Maire de Nancy
Président de la Métropole du Grand Nancy
Président du Conseil de Surveillance du CHRU