Solidarité, Famille

Lancement d'un observatoire des violences faites aux filles

La Ville de Nancy, très engagée dans la défense des droits des hommes et des femmes, impliquée dans la lutte contre toutes les formes de violence, prend aujourd'hui l’engagement de s’attaquer à cette réalité et à son déni. Elle a annoncé, ce jeudi 10 octobre, aux côtés de Dominique Sigaud, la création d’un observatoire pilote des violences faites aux filles.

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Ce lancement a lieu la veille de la Journée internationale des Filles, instituée chaque 11 octobre de l'année depuis 2002.

Dominique Sigaud est la lauréate du 18ème prix Livre et Droits de l'Homme de la Ville de Nancy pour « La malédiction d'être fille » (Albin Michel). Dans une enquête exceptionnelle, cette grand reporter, écrivain et essayiste y dénonce les origines profondes des trois mots les plus meurtriers du monde : être une fille.

« Les violences faites aux filles sont des désastres individuels et collectifs. Pour que nous y mettions fin, encore devons-nous les désigner. C’est à quoi humblement, je m’attelle, avec d’autres, pour qu’on ne puisse pas dire à leur sujet "je ne savais pas" », a souligné Dominique Sigaud. 

Une fille sur 5, dans le monde, subit des violences sexuelles avant 18 ans. En France, 40% des viols et tentatives de viol concerneraient des mineures de moins de 15 ans. Au Royaume-Uni, 21% des filles de moins de 16 ans ont été victimes d’abus sexuel. Des millions subissent des mutilations sexuelles, sont mariées avant 16 ans, sont tuées. Pourquoi ? Sinon en raison d’un ordre de domination, écartant le légitime désir des filles de ne pas être violées, mutilées, maltraitées et d’accéder à leur propre désir ? Loin de se limiter à recenser des faits dans toute leur brutalité, Dominique Sigaud réunit pour la première fois des situations contemporaines affectant universellement les filles. 

Les principales violences faites aux filles, en France, sont les viols et les tentatives de viol, l’inceste, la prostitution cachée et les mutilations sexuelles. Tous ces sujets manquent de données statistiques réelles, d’outils de mesure et donc de savoir. Les seules statistiques pour l’instant établies, à partir de projections assez anciennes, sont accablantes. Il y aurait chaque jour en France entre 100 à 200  viols et tentatives de viol, dont l’inceste.

Les violences faites aux filles sont une constante dans l’histoire de l'humanité. La Ville de Nancy va travailler sur l’élaboration d’une politique publique s’attaquant frontalement au problème. Elle souhaite ouvrir la porte à un engagement public fort, avec une réflexion, des données fiables, des actions et la mise en place de politiques novatrices. 

Objectifs et mesures 

Les objectifs de cet observatoire, pilote, seraient d'établir la réalité des faits à l'échelle de la métropole : combien de viols et de tentatives de viol sur filles mineures, combien d'inceste ? Ces données donneraient des informations sur l'âge, le lieu, le type d'agresseur, les séquelles qui en résultent, les suites données à ces agressions, pour mieux les prévenir et pour mieux accompagner les victimes.

La Ville de Nancy travaillera avec un réseau de professionnels disposant chacun de données partielles dans les domaines de la santé, du social, de l'éducation, de la police et de la gendarmerie, et de la justice. Les victimes seront bien sûr intégrées à ce travail. Des outils de remontée des données et de mutualisation seront élaborés. 

Des mesures très concrètes verront le jour dès 2020 : 

  • la sensibilisation dans toutes les classes de toutes les écoles : qu'est-ce qu'un viol, qu'est-ce que l'inceste, pourquoi est-ce interdit ?
  • des formations courtes : comment réagir face à un prédateur inconnu ou connu ? 

Un site Internet dédié à cet observatoire est en cours d'étude.

Vidéo (via Facebook) : le maire de Nancy et Dominique Sigaud annoncent le lancement d'un observatoire des violences faites aux filles.