Évènement, Commémoration

Inauguration de la promenade Jacques Chirac et de la place des Justes

Au centre du quartier Nancy Grand Cœur, la Ville de Nancy, en lien avec la Métropole du Grand Nancy et en présence de Pierre-François Veil, président du Comité français pour Yad Vashem, a inauguré la promenade à la mémoire de Jacques Chirac et la nouvelle place des Justes.

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Inauguration de la promenade Jacques Chirac et de la place des Justes

La place des Justes

Le 20 septembre 2002, Madame Simone Veil est venue à Nancy inaugurer un espace public qui, pour la première fois en France, rendait hommage aux Justes parmi les Nations.

Cette plaque jouxtait la prison Charles III, funestement connue pour être le lieu de regroupement et le point de départ des personnes arrêtées et déportées.

En effet, pendant la seconde Guerre Mondiale, des prisonniers politiques, des résistants et des juifs arrêtés ou raflés furent détenus à la prison avant d’être envoyés dans les camps de transit de Compiègne et d’internement de Drancy. À l’époque, une porte avait été percée dans le mur d’enceinte pour créer un accès direct sur la voie ferrée qui se trouve juste derrière la prison pour mieux cacher à la population ce qui s’y passait. 
Jusqu'à sa fermeture en juin 2009, la prison Charles III à Nancy était l’une des plus anciennes prisons encore en service en France. La maison d’arrêt aura traversé trois siècles avant que la ville ne décide sa démolition complète afin de laisser la place à un « écoquartier » dans le cadre du Projet Nancy Grand Cœur. Le démantèlement a effectivement eu lieu pendant l’été 2010. 

La nouvelle configuration du quartier, reprenant les "codes" rectilignes de la neuve de Charles III qu'il prolonge, impliquait de déplacer la Place des Justes de quelques dizaines de mètres pour la repositionner devant le lycée Cyfflé.

Par ailleurs, la ZAC Nancy Grand Cœur inclut la création de nouveaux espaces publics, dont certains sont déjà "sortis de terre" et la reconfiguration complète de l'ancienne Place Thiers devenue Place Simone Veil en juillet 2018, comme une véritable porte d'entrée de la Métropole car bordant l'entrée de la Gare de Nancy et ses 9 millions de voyageurs actuels.

À l'initiative de la Ville un « groupe de mémoire » a été formé pour réfléchir à un futur lieu de commémoration et à une manière de conserver des traces de la prison. Il était composé d’habitants du quartier, de membres d’associations d’anciens combattants, de représentants de communautés juives et de membres du conseil municipal de jeunes.

Sur plusieurs années, ce groupe mémoire a été consulté voire impliqué sur chaque éléments faisant lien entre la modernité du bâti et la mémoire des événements qu'il devait préserver. Parmi eux nous pouvons citer :

  • un espace public végétalisé et arboré dédié à la Mémoire du quartier (évoqué de manière symbolique et tout à fait provisoire sous l’appellation Jardin des Mémoire)
  • la réalisation de la Place des Justes
  • la commande d'une oeuvre d'art contemporain, originale et publique.

Sur ce point précis, Il s'agit d'une commande publique, fruit d'un partenariat entre la Ville et l'Etat qui sera érigée sur la place des Justes.

Réalisée par l’artiste Thu Van Tran, l’œuvre devra placer en son cœur « la narration sur la désobéissance civique qui a permis aux policiers nancéiens de sauver près de 350 Juifs en 1942 et leur rendre hommage ». Elle devra également symboliser « les valeurs d’espérance, de courage, de solidarité et d’ouverture, et d’espoir en l’avenir ».

La promenade Jacques Chirac

Le 7 octobre dernier, la Ville a décidé de dénommer un espace public de Nancy Grand Cœur, Promenade Jacques Chirac.

Par ce geste, Monsieur le Maire a souhaité saluer sa grande culture, sa passion pour les civilisations lointaines et anciennes qui ont forgé ses convictions humanistes et son intransigeance face au rejet de l’autre ; des valeurs partagées avec les Nancéiens en 2005 au moment du sommet de Weimar et de l’inauguration de la Place Stanislas.

Le maire a également souhaité retenir son refus courageux et catégorique d’engager la France dans un conflit armé en Irak sans mandat de l’ONU, ses mots justes et de vérité pour qualifier le rôle de l’État français dans la déportation des juifs lors de la seconde guerre mondiale, mais aussi le discours précurseur de Johannesburg éveillant les consciences face à la crise écologique.

Espace central de Nancy Grand Cœur, le quai Vert décline dans sa configuration les grandes lignes d’un projet urbain conjuguant préservation de la mémoire, impératifs environnementaux et vie économique. Reliant le Centre des congrès Prouvé, la Place de la Synagogue et le site de l’ancienne prison Charles III, il sera en partie constitué d’une longue promenade, bordé par des bureaux et des logements ouverts sur un nouvel espace de nature en ville.

Deux plaques seront ainsi installées sur le site :

  • l’indication du lieu se fera selon la forme habituelle et réglementaire : « Promenade Jacques Chirac - Ancien Président de la République (1995 - 2007) »
  • une seconde plaque complétera l’hommage avec les précisions suivantes :

Le 16 juillet 1995, Jacques Chirac a reconnu la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs de France, durant la seconde guerre mondiale.

« Ne rien occulter des heures sombres de notre Histoire, c’est tout simplement défendre une idée de l’homme, de sa liberté et de sa dignité. C’est lutter contre les forces obscures sans cesse à l’œuvre »