Commémoration

Hommage : inauguration de l'allée Gisèle Halimi

À l'occasion du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, la Ville de Nancy a inauguré l'allée Gisèle Halimi, située devant l'Obélisque de la place Carnot, avec la mention "Combattante pour la cause et le droit des femmes, 1927 - 2020". Cette personnalité humaniste, qui s'est éteinte le 28 juillet dernier à l’âge de 93 ans, a fait progresser tout au long de sa vie les droits humains, notamment les droits des femmes.

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L'inauguration s'est déroulée en présence de Mathieu Klein, maire de Nancy, président de la Métropole, Patricia Daguerre-Jacque, adjointe au maire déléguée à l'égalité femmes-hommes, à la lutte contre les discriminations et aux droits Humains, Lauranne Witt, conseillère municipale déléguée à l’égalité femme-homme et à la lutte contre les violences faites aux femmes, et Faye Tadros, secrétaire national de "Choisir la cause des femmes".

Cette décision a été votée à l'unanimité en conseil municipal du 18 janvier 2021 et a obtenu l'accord des descendants de Gisèle Halimi.

Une figure de la défense des droits des femmes

Gisèle Halimi, née le 27 juillet 1927 à La Goulette en Tunisie et morte le 28 juillet 2020 à Paris, est une avocate, militante féministe et femme politique franco-tunisienne.

En 1971, elle est la seule avocate signataire du « manifeste des 343 » où, aux côtés de 342 femmes, elle reconnaît avoir eu recours à l’avortement et réclame sa légalisation. Elle fonde alors le mouvement Choisir la cause des femmes, avec notamment Simone de Beauvoir et Jean Rostand.

Elle s'illustre en 1972 dans « le procès de Bobigny » en ayant obtenu la relaxe d’une jeune mineure poursuivie pour avoir avorté à 16 ans à la suite d’un viol. Ce procès très médiatisé va devenir une tribune politique pour dénoncer le statut de l'avortement en France et l'injustice de la condition féminine. Son engagement et la force de ses propos contribuent à l'évolution vers la loi Veil sur l'interruption volontaire de grossesse, en 1975.

En 1978, sa stratégie de défense de deux jeunes femmes victimes d'un viol collectif, Anne Tonglet et Araceli Castellano, contribue à l'adoption d'une nouvelle loi en 1980 reconnaissant le viol comme un crime alors qu'il était considéré jusque-là comme un délit en droit français.

Elle est élue députée lors des élections législatives de 1981, un mandat qu'elle occupe jusqu'en 1984. Aux côtés de Robert Badinter, elle est alors à l'origine de la loi abrogeant la distinction de la majorité sexuelle pour les rapports homosexuels.

À partir de 1985, elle occupe plusieurs fonctions successives à l'UNESCO (ambassadrice de la France et présidente du comité des conventions et des recommandations) puis à l'Organisation des Nations unies (conseillère spéciale de la délégation française à l'Assemblée générale, rapporteuse pour la parité entre hommes et femmes dans la vie politique).

Gisèle Halimi écrivait en 1997 : « Une démocratie où la moitié de la population parle et décide pour l’autre n’en est que la caricature. »

Devoir de mémoire

La Ville de Nancy est d'ailleurs régulièrement amenée à dénommer des voiries, une partie de l’espace public ou des locaux municipaux. Elle souhaite en faire un véritable devoir de mémoire et de promotion des personnalités locales, nationales et internationales comme de l’histoire des lieux ou encore le renforcement de l’identité d’un quartier ou d’un site.

Une commission de dénomination de voiries et des lieux publics va donc être créée. Elle aura pour rôle d'expertiser et de proposer des noms à attribuer par le conseil municipal à une voirie ou un lieu, sous la présidence de Nicole Creusot, conseillère municipale déléguée à la Mémoire, à l'Histoire et au monde combattant. Patricia Daguerre-Jacque, adjointe au déléguée à l'égalité hommes-femmes, lutte contre les discriminations et les droits humains en fera également partie, ainsi qu'un historien, et un membre de l’Académie Stanislas.