Culture

45 ans de pulsations

Au début des 70’s, un groupe de passionnés créent un festival pour mettre à l'honneur la musique qui fait danser les corps et les cœurs. 45 ans plus tard, on y savoure toujours des airs jazzy, mais aussi de blues, de musiques du monde, de reggae, de rock, de rap, de folk, de pop, d’electro… Dix jours de fête où grands noms de la scène actuelle se mêlent aux pépites de demain.

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Interview | portrait

Patrick Kader

Patrick Kader, directeur artistique du NJP depuis 35 ans, remonte le temps avec nous.

Vous vous souvenez du moment où le NJP est passé du statut de « petit festival entre amis » au rendez-vous incontournable qu’il est aujourd'hui ? 

Sur la première édition, en 1973, j’étais bénévole… Je m’occupais d’organiser des concerts avec une association, du coup j’étais venu donner un coup de main - c’était d’ailleurs le premier festival de jazz que je fréquentais. En fait, même si l’idée est partie d’un petit groupe, je crois que le NJP est devenu « gros » tout de suite. Il existait déjà quelques festivals de jazz à l’époque, Nice, Antibes, évidemment, mais au nord de la Loire, NJP, c’était le premier. Et dès la première édition, la  programmation fût impressionnante. Le public a suivi tout de suite.

45 ans après, la philosophie est-elle toujours la même ?

À l’origine, le jazz c’est de la musique populaire, de partage, pas quelque chose d’élitiste comme on veut nous le faire croire parfois. Rapidement avec NJP, il y a eu cette envie de toucher tous les publics, de s’ouvrir aux autres genres musicaux. L’idée de transmission aussi, d’où les concerts directement programmés pour les enfants. A l’école Braconnot cette année, il y a peut-être même les petits-enfants de ceux qui ont profité de la première opération ! Alors, oui, je dirai, dans un sens, c’est la même philosophie, même s’il a fallu s’adapter à son temps. Aujourd'hui, il y a tellement d’offres… 

Il y a une formule magique pour expliquer cette longévité ?

Ah ça… Réussir à satisfaire mais aussi surprendre les festivaliers, bien travailler la programmation… La diversité, aussi. NJP c’est tout de même 180 événements et animations pendant 10 jours ! Je vais vous avouer quelque chose : finalement, je crois que c’est plus difficile maintenant qu’au début, même si on est installé… On ne doit pas décevoir. Le public fait moins la démarche de découvrir, alors à nous de trouver le bon chemin pour l’orienter.

Les bénévoles : l'âme vitale

Dans le festival, vous les croisez partout, avant, pendant, après. Depuis les prémices, les bénévoles ont apporté comme un petit supplément d’âme au NJP, participant sans conteste au bon esprit ambiant. « C’est comme ça que j’ai commencé, à l’époque ! L’année dernière, quasiment 200 bénévoles sont venus donner de leur temps. On leur confie différentes missions, simples mais essentielles - déco, accueil, merchandising… Il y a des étudiants, des férus de musique, ceux qui veulent rencontrer tel ou tel invité. Et puis les habitués, qui viennent chaque année pour passer du bon temps tous ensemble, retrouver les amis… C’est un vrai brassage générationnel aussi, de 18 à 70 ans. Il y a même eu plusieurs mariages grâce au NJP figurez-vous ! » À bon entendeur…

Sil fallait en garder trois

« 1973Ray Charles à l’affiche de la première édition, c’était quand même quelque chose ! À l’époque, il était beaucoup plus facile d’avoir des artistes d’une telle renommée, même pour un événement qui débutait. Il y avait aussi Terry Riley et Sun Ra. Extraordinaire. » 

« 1986... Miles Davis. Forcément. La première fois qu’on a réussi à le programmer, quel souvenir… Le public était chaud bouillant, musicalement c’était fantastique, un line-up d’enfer… 2h30 de show de très haut niveau… »

« Eddy de Pretto. En 2017, au Magic Mirrors. La salle était pleine ! On a tous senti qu’il se passait quelque chose avec lui, il était incroyable sur scène. Quelques mois plus tard, sa carrière explosait. J’ai insisté pour qu’on le programme à nouveau cette année, sous le Chapiteau. J’ai bien fait je crois… »