Miracles et autres légendes

Un ensemble d’huiles sur bois, daté du XVIe siècle et conservé dans la basilique de Saint-Nicolas-de-Port, relate de nombreux épisodes de la vie de Nicolas.
En voici quelques-uns.

La légende du sauvetage en mer

Un jour où saint Nicolas se rendait en pèlerinage en Terre Sainte, il rencontra un marin et lui prédit qu’une horrible tempête allait se lever en mer. La prédiction se révéla juste. Le marin qui se trouvait sur son bateau avec tout son équipage fut pris dans le mouvement tumultueux des flots. La tempête fut si puissante que tous les passagers se crurent perdus ; mais Nicolas rendit le calme à la mer et les personnes à bord furent sauvées. Depuis ce jour, les marins ont choisi saint Nicolas comme patron de leur corporation. Lorsque la tempête se lève et qu’ils se sentent en danger, ils demandent au saint de veiller sur eux.

Saint Nicolas est le saint patron des bateliers, pêcheurs, marins et mariniers, déchireurs de bateaux et débardeurs.

Le miracle des trois vierges

Nicolas avait pour voisin un homme qui, ruiné, ne pouvait marier ses trois filles faute de dot. Ce dernier envisageait de les prostituer afin de récolter l'argent nécessaire à leurs subsistances. Nicolas décida, en secret de donner trois bourses pleines à ces jeunes femmes. Cette légende chrétienne est rapportée dans le livre La Légende Dorée de Jacques de Voragine, dans le passage suivant :

Un de ses voisins avait trois filles vierges, et que son indigence, malgré sa noblesse, força à prostituer, afin que ce commerce infâme lui procurât de quoi vivre.
Dès que le saint eut découvert ce crime, il l’eut en horreur, mit dans un linge une somme d'or qu'il jeta, en cachette, la nuit par une fenêtre dans la maison du voisin et se retira.
Cet homme à son lever trouva cet or, remercia Dieu et maria son aînée.
Quelque temps après, ce serviteur de Dieu en fit encore autant.
Le voisin, qui trouvait toujours de l’or, était extasié du fait; alors il prit le parti de veiller pour découvrir quel était celui qui venait ainsi à son aide.
Peu de jours après, Nicolas doubla la somme d'or et la jeta chez son voisin.
Le bruit fait lever celui-ci, et poursuivre Nicolas qui s'enfuyait : alors il lui cria : « Arrêtez, ne vous dérobez pas à mes regards. »
Et en courant le plus vite possible, il reconnut Nicolas ; de suite il se jette à terre, veut embrasser ses pieds.
Nicolas l’en empêche et exige de lui qu'il taira son action tant qu'il vivrait. Mais l'évêque de Myre vint à mourir sur ces entrefaites.

Le conte de l'enfant brûlé vif

Un jour, une femme présenta à saint Nicolas son enfant, qui, tombé dans le feu, avait perdu la vie. Faisant sur lui le signe de la croix, Nicolas le ressuscita en présence de toute l’assemblée. Depuis, il est de coutume d’implorer saint Nicolas dans les accidents du feu.

Le conte du vase d'or

Un noble avait prié saint Nicolas de lui faire obtenir un fils, promettant qu’en récompense il se rendrait avec ce dernier au tombeau du saint et lui offrirait un vase d’or. Le noble obtint un fils et fit faire un vase d’or. Mais ce vase lui plu tant qu’il le garda pour lui-même et, pour le saint, en fit faire un autre d’égale valeur. Il s’embarqua avec son fils pour se rendre au tombeau de saint Nicolas. En route, le père ordonna à son fils d’aller lui prendre de l’eau dans le vase qui d’abord avait été destiné à saint Nicolas. Aussitôt, le fils tomba dans la rivière et se noya. Mais le père, malgré toute sa douleur, n’en poursuivit pas moins son voyage. Parvenu dans l’église de saint Nicolas, il posa sur l’autel le second vase. Au même instant, une main invisible le repoussa avec le vase, et le jeta à terre. L’homme se releva, s’approcha à nouveau de l’autel et fut de nouveau renversé. Et voilà qu’apparut, au grand étonnement de tous, l’enfant qu’on croyait noyé. Il tenait en mains le premier vase, et raconta que, dès qu’il tomba à l’eau, saint Nicolas vint le prendre, et le conserva sain et sauf. Sur quoi le père, ravi de joie, offrit les deux vases à saint Nicolas.

Le conte de l'enfant esclave

Un homme riche avait obtenu, grâce à l’intercession de saint Nicolas, un fils qu’il avait appelé Dieudonné. Aussi, il avait construit, en l’honneur du saint, une chapelle dans sa maison où il célébrait solennellement sa fête tous les ans. Or, un jour, Dieudonné fut enlevé par la tribu des Agaréniens et amené en esclavage au roi de cette tribu. L’année suivante, au jour de la Saint Nicolas, l’enfant qui servait le roi d’une coupe précieuse en mains se mit à pleurer et à soupirer en songeant à la douleur de ses parents et en se rappelant la joie qu’ils éprouvaient naguère à la Saint Nicolas. Le roi l’obligea à lui confesser la cause de sa tristesse puis lui dit : « Ton Nicolas aura beau faire, tu resteras ici mon esclave ! » Mais au même instant un vent terrible s’éleva, renversa le palais du roi, et emporta l’enfant avec sa coupe, jusqu’au seuil de la chapelle, où ses parents étaient en train de célébrer la fête de Saint Nicolas.

Le conte du baton d'or

Un homme avait emprunté de l’or à son voisin, mais ne lui rendit jamais. Cette affaire fut portée devant un juge qui demanda au redevable ce qu’il attendait pour rendre l’argent. L’homme lui assura qu’il avait déjà honoré sa dette. Mais cet emprunteur malhonnête fut bien puni de son mensonge, car en sortant de chez lui, un chariot l’écrasa et brisa le bâton avec lequel il marchait. De cet objet sortirent une multitude de pièces d’or. Le prêteur, qui se trouvait non loin de la scène, était un homme bon et implora saint Nicolas de redonner la vie au mort. Nicolas exhaussa ses prières et ressuscita l’homme qui se repentit aussitôt.