Ils font Nancy

Jérôme Schindler

Il se voyait juge pour enfants, pour « écouter les autres comme (il) ne l’a pas été ». Travailler en boulangerie, comme son père ? « Plutôt mourir », disait-il alors. Et pourtant : à 44 ans, Jérôme Schindler dirige deux boulangeries et la plus grosse affaire de la région. Du provisoire devenu définitif.

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Né dans la cité des Provinces à Laxou, le jeune garçon fait ses classes à Saint-Sigisbert. « Ma mère misait tout sur l’éducation ». Mais malgré l’uniforme, il dénote et pour trouver sa place, répond aux moqueries par l’insolence. « Je suis devenu le petit caïd de l’école ». À la maison, les absences de son père, ouvrier boulanger et travailleur invétéré, font de l’adolescent, aîné de deux petits frères, « l’homme de la famille ».

J’ai fait tout ça pour ma mère

Après trois années de pension, l’adolescent « paumé » intègre le cours Devallée, « boîte à bac », auquel il voue aujourd'hui une reconnaissance sans borne. Son diplôme en poche, il se lance dans des études de droit qu’il n’achèvera jamais. Sept ans après avoir ouvert leur propre boulangerie rue d’Oberlin, ses parents doivent faire face à la maladie de sa mère, que Jérôme remplace de plus en plus souvent au magasin. « Pour moi, c’était provisoire. » Mais au décès de sa mère, en 1996, il n’a d’autre choix que de rester. Pour tenir debout et face à la clientèle qui se raréfie, le jeune homme développe un service de livraison de pain à destination des petits commerces et des restaurants. Ce sera la clé du succès.

Il y a tout juste 7 ans, l’entrepreneur autodidacte ouvrait sa propre boulangerie rue Raymond Poincaré ; il compte aujourd'hui 63 salariés. « J’ai fait tout ça pour ma mère », dit-il simplement.

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