Quartier Rives de Meurthe

Au cœur de la métamorphose

Si Nancy a beaucoup changé, il est un lieu qui, peut-être plus que les autres, incarnent les grandes mutations de la ville. Bienvenue sur les Rives de Meurthe, formidable reconquête urbaine et aquatique, où les chantiers et les projets s’enchaînent.

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Il est loin le temps où on le surnommait le « quartier de la soupe maigre »... Loin le temps, aussi, du déclin et de la désaffection. Haut lieu du Nancy industriel de la première moitié du XXe siècle, avec ses entrepôts, ses usines fumantes et ses abattoirs légendaires, Stan Meurthe a perdu son nom en 1993, pour devenir « Les Rives de Meurthe ». 30 ans plus tard, ce vaste territoire situé à l’Est de la ville, bordé par le canal de au Rhin et , n’appartient plus au passé. Il se joue ici une partie décisive du renouveau de Nancy.

Pour reconquérir ce quartier, il a fallu d’abord, dans les années 1980, engager de grands travaux de régulation des crues. Il a aussi fallu, au début des années 90, montrer un nouveau cap de développement, ce qui fut fait avec la construction de l’École d’architecture et l’aménagement des Jardins d’eau, symboles des nouvelles fonctions du quartier : logement, services publics et développement économique, autour de l’intelligence et de la création.

De la place pour mener des projets

Il faut dire que le potentiel foncier est énorme. Le quartier s’étire sur 5km, soit 20 % du territoire communal, à proximité immédiate du centre de Nancy. Cet atout urbanistique a permis d’engager une politique offensive de construction de logements, qui se poursuit aujourd’hui. D’ici 2020, le quartier contribuera largement à l’objectif de 3 000 nouveaux logements fixé par le maire Laurent Hénart.

« Dans ce quartier, Nancy se réconcilie avec elle-même et avec cette rivière à l’origine d’inondations fréquentes et parfois dramatiques. Nous travaillons avec pour en faire un espace urbain complet, avec du logement bien sûr, mais aussi des activités économiques, culturelles, sportives et universitaires », explique Valérie Jurin, adjointe de territoire Nancy Est. En témoignent la présence de nombreuses écoles de l’enseignement supérieur, des équipements sportifs comme le pôle nautique et le tout nouveau skatepark, des établissements culturels (L’Autre Canal, les deux MJC…), ou encore des acteurs économiques, notamment l’ATP qui fédère plus de 700 établissements.

Entre ville et nature

« Il existe une forte tradition sociale, qui s’explique peut-être par le passé ouvrier de ce quartier, souligne Valérie Jurin. Cette dynamique se retrouve aussi rue de Dieuze, autour du foyer-résidence Robert Chevardé particulièrement actif. » Toujours du côté des seniors, c’est sur les Rives de Meurthe, place Cincinnatti, que le nouvel Ehpad municipal va venir s’implanter courant 2018. À l’angle du boulevard de et de l’avenue du XXe Corps, une maison médicale verra également bientôt le jour.

« Notre but est de trouver un juste équilibre entre densité urbaine et nature en ville », indique Valérie Jurin. Une priorité pour l’architecte urbaniste Alexandre Chemetoff, qui a dessiné une grande partie des opérations. Après les Jardins d’eau et la promenade des canaux, l’aménagement des berges du canal et de est en train de se poursuivre.

Résolument moderne, le quartier n’en oublie pas pour autant son passé. Le patrimoine architectural des lieux emblématiques est préservé, à l’image des Anciens Abattoirs qui abritent aujourd’hui l’Agence de Développement et d’Urbanisme de l’Aire Urbaine Nancéienne, le Lorraine Fab living Lab ou encore le Paddock, qui regroupe des start-ups du numérique. Le lieu est aussi devenu l’épicentre de la démarche Lor’N’Tech portée par du Grand Nancy.

En chiffres

  • 10 693 habitants soit 10% de la population de Nancy
  • 1300 logements déjà livrés
  • 300 ha, soit un cinquième de la surface de Nancy
  • 1 400 logements construits dans les Zones d’aménagement concerté (ZAC)
  • Taux de logements sociaux : 22 % dans les deux ZAC et 30 % sur l’ensemble des Rives de Meurthe